Par une décision confirmée jeudi, le Kremlin a officiellement bloqué l'application Whatsapp, très prisée en Russie. Cette mesure fait suite aux récalcitrances de l'entreprise américaine à se conformer aux obligations légales russes. Comme l'explique Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence, le blocage a été décidé par l'autorité de régulation et mis en œuvre sans délai. Whatsapp, filiale de la société Meta, a immédiatement dénoncé cette initiative, évoquant une tentative d'isolement de plus de 100 millions d'utilisateurs.
"Priver une telle majorité de moyens de communication privés et sécurisés constitue un reculs qui pourrait compromettre la sécurité des citoyens russes," a déclaré un porte-parole de Whatsapp.
Un blocage pas encore uniforme
Pour l’instant, cette interdiction ne semble pas être appliquée de manière uniforme. Certains utilisateurs ont effectivement indiqué أن'ils ont pu se connecter à Whatsapp sans utiliser de VPN. Une actrice de 47 ans a même plaidé pour que les "ambiguïtés juridiques" soient rapidement clarifiées pour ne pas impacter les citoyens.
"Pour l’instant, cela fonctionne encore, mais nous espérons que cette décision sera annulée," a-t-elle ajouté.
Alternative russe : l'application MAX
En réponse à cette situation, Peskov appelle les Russes à se tourner vers l'application MAX, lancée par le géant VK et considérée comme "une messagerie nationale émergente". MAX est annoncée comme une "super application" intégrant des services administratifs et commerciaux. Cependant, l'absence de cryptage de bout en bout des conversations soulève des inquiétudes parmi les défenseurs des droits.
Une Moscovite a partagé que sa communication académique avec l'école de sa fille se faisait désormais exclusivement via MAX, évoquant une transition forcée.
"Nous avons été informés que toutes les communications scolaires se feraient désormais par MAX, car Whatsapp ne fonctionne plus," dit-elle.
Les utilisateurs de MAX s'inquiètent également de l'introduction de cet outil de surveillance massif, certains craignant qu'il ne remplace complètement des applications auparavant libres.
Interrogé sur le sujet, un jeune ingénieur a exprimé son scepticisme quant à la crainte d'un isolement complet : "Il est peu probable que cela arrive, mais le fait que le gouvernement soit actif dans la promotion de MAX est dérangeant. Cela semble trop beau pour être vrai."
Les critiques sur les restrictions croissantes des applications étrangères continuent de se faire entendre dans le pays. Selon des observateurs du média BFM TV, cette situation est symptomatique d'une volonté plus large de contrôler la circulation de l'information en Russie.
Pour conclure, alors que la Russie intensifie ses efforts pour restreindre l'accès aux plateformes occidentales, avec des alternatives comme MAX se développant, le débat sur la vie privée et la liberté d'expression dans le pays ne fait que commencer.







