Deux femmes qui envisagent de partager le mandat à Les Bréviaires, tandis que d'autres communes s'adaptent pour respecter la parité. Dans un contexte de recherche d'équilibre entre vie personnelle et engagement public, les candidats des petites communes trouvent des solutions novatrices.
Côté visage de cette initiative, Alexia Braillon, 35 ans, responsable RH, et Leslie Jeudy Le Friec, 42 ans, responsable d'un service après-vente, chacune mère de deux enfants, ambitionnent de donner un nouvel élan à leur village de 1 300 habitants, situé à proximité de Rambouillet.
Sur la liste 'Tous unis pour Les Bréviaires', aucune rivalité pour l'écharpe : en cas de succès, elles partageront le rôle de maire, échangent les responsabilités tous les trois ans. Une configuration qui garantit une vision commune et qui répond aux besoins des habitants.
« C'est un système sur le papier, mais nous serons toutes les deux sur le terrain dès le début. Nous allons nous répartir les jours de présence et les tâches en fonction de nos compétences », précise Alexia Braillon.
Une gouvernance collaborative pour contrer l’épuisement
Leur approche vise à créer une « gouvernance plus équilibrée » tout en répondant aux défis d'un système où de nombreux maires souffrent d'« essoufflement » dans leurs mandats. Selon des données du Parisien, 2 200 maires ont déjà démissionné depuis 2020.
Les deux candidates sont des figures actives de la vie associative locale et s'étaient rencontrées lors d'événements communautaires. « L'idée a germé presque par hasard, lors d'une chasse aux œufs. Nous avons rapidement vu le potentiel de ce binôme », raconte Leslie Jeudy Le Friec, avouant que seule, elle n'aurait probablement pas osé se lancer.
« Notre duo permettra d'éviter l'épuisement », renchérit Alexia. « Les habitants apprécient cette idée : deux maires sont mieux qu'un seul qui devient débordé. »
Un besoin pressant de renouvellement démocratique
Lors de l'élaboration de leur projet, elles ont besoin de s'assurer que leur approche pouvait légalement s'inscrire dans le cadre de la loi. Elles ont découvert le cas de Teillé, en Loire-Atlantique, où deux hommes partagent également le mandat municipal. Depuis, leur modèle a suscité l'intérêt d'autres communes.
Aujourd'hui, à Les Bréviaires, les électeurs auront le choix entre trois listes, un changement salué comme un signe de renouveau démocratique par Alexia Braillon.
À Villiers-Saint-Frédéric, une dynamique renouvelée
Ce phénomène s'étend à d'autres communes, comme Villiers-Saint-Frédéric, où le maire en place depuis 2001 ne se représente pas. Trois listes sont désormais en compétition, ce qui n'était pas arrivé depuis des années, rendant compte d'attentes nouvelles des citoyens concernant la gestion communale.
« Grâce aux retours des habitants, nous voyons une vraie ferveur autour des défis de santé et d'aménagement », affirme David Martin, acteur engagé sur la liste de Xavier Murat, premier adjoint en poste.
Au Tarte-Gaudran, la complexité de la parité
Dans des communes très petites, la mise en œuvre de la parité peut s'avérer problématique. À Tarte-Gaudran, le maire doit modifier sa liste pour respecter les exigences légales. Il déplore ce système, soulignant que le choix devrait se fonder sur les compétences et non sur le genre. Cela a conduit à l'éviction de deux conseillers afin de permettre à deux femmes d'intégrer l'équipage.
Alors que les nouvelles règles instaurées par la loi du 21 mai 2025 entreront en vigueur lors des prochaines élections municipales, elle pourrait poser des défis supplémentaires pour de nombreuses petites communes.







