Le fabricant français de pneumatiques Michelin a communiqué, ce jeudi 25 juin, son intention de fermer son usine BFGoodrich située à Tuscaloosa, en Alabama, d'ici 2028, une structure qui emploie environ 1.200 personnes. Cette usine, pourtant créée pour renforcer la présence de Michelin sur le marché américain, fonctionne actuellement en sous-régime.
Cette fermeture engendrera une provision d'environ 220 millions d'euros, qui sera reportée dans les résultats financiers consolidés de Michelin pour l'année 2026. Ce montant comprend les coûts liés aux opérations de fermeture, notamment ceux associés aux départs des salariés, explique Le Monde.
"Michelin s'engage à un accompagnement personnalisé pour les employés touchés par cette décision," a déclaré le groupe à l'AFP, ajoutant que les syndicats seront impliqués dans les négociations notamment sur les conditions des départs.
L'usine ne tournait pas à plein régime
Le groupe a précisé que les deux usines américaines de BFGoodrich, rachetées dans les années 90 par Michelin, n'utilisent pas pleinement leurs capacités. Cette inefficacité, selon Michelin, ne peut plus être soutenue à long terme, comme l'a rapporté France Info.
La production de l'usine de Tuscaloosa sera presque entièrement redirigée vers l'autre site du groupe, à Fort Wayne, dans l'Indiana. Cela permettra de rendre la structure industrielle plus compétitive, a précisé Michelin dans un communiqué.
Les opérations de réduction d'activité à Tuscaloosa seront effectuées en plusieurs étapes à partir de 2027, avec une fermeture définitive prévue pour la fin de l'année 2028.
Un groupe en difficulté
Étonnamment, cette annonce coïncide avec une période où les droits de douane américains laissaient entrevoir une expansion significative de Michelin sur le territoire. Actuellement, la marque représente plus d'un tiers du chiffre d'affaires de Michelin
Cependant, le leader mondial des pneus a enregistré une chute de 12 % de son bénéfice net, atteignant 1,7 milliard d’euros en 2025, d'après des chiffres publiés par Les Echos. La baisse des volumes de vente et la fluctuation de l’euro ont pénalisé le groupe, dont le chiffre d’affaires a également reculé de 4,4 %, s’établissant à 26 milliards d’euros, en raison d'un marché du pneu pour véhicules neufs en déclin généralisé.
Par ailleurs, en mai 2026, Michelin avait déjà annoncé un programme de départs volontaires en France, visant jusqu'à 1.500 postes sur trois ans. En 2024, l'entreprise avait déjà supprimé 1.246 emplois dans l'Hexagone dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi, fermant deux sites dans l'ouest du pays.







