Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, en collaboration avec la présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, a annoncé des initiatives ambitieuses en matière de lutte contre les violences sexuelles, réagissant à une affaire qui a suscité de vives tensions politiques. La plainte vise un ex-directeur de communication de Jean-Michel Aulas, qui a été élu vice-président de la Métropole grâce à un accord électoral avec Sarselli, mais cette dernière a dû retirer ses délégations à cet homme après les révélations.
Lors du conseil municipal de jeudi, Doucet a déclaré : "En septembre, j'organiserai une commission générale consacrée aux violences sexistes et sexuelles, qui sera le point de départ d'un pacte municipal transpartisan pour lutter contre ces abus." Ce projet montre une volonté collective de lutter efficacement contre un phénomène toujours préoccupant.
Formation, mission spéciale
La situation a aussi conduit à des mesures concrètes. Doucet a exprimé son intention d'imposer à toutes les associations subventionnées par la ville des formations spécifiques sur les questions de violences sexuelles.
De son côté, Sarselli a annoncé la création d'une mission spéciale pour la prévention et le signalement des abus sexuels, confiée à Élodie Roux de Bézieux, une élue qui avait ouvertement critiqué la gestion initiale de l'affaire par Aulas. Sur LinkedIn, elle avait déclaré : "Vous avez merdé", soulignant ainsi l'importance d'une réponse proactive aux accusations.
La plaignante, une jeune militante, avait alerté Aulas dès février, mais celui-ci a choisi de garder son directeur de communication en poste malgré les révélations, laissant Sarselli, son alliée, dans l'ignorance de la situation. Ce manque de communication a été pointé du doigt par plusieurs observateurs.
Prise de distance
Lors de cette séance cruciale, Doucet n'a pas hésité à critiquer implicitement le rôle d’Aulas, qui était absent. Il a posé des questions qui interrogent la responsabilité des dirigeants : "Qui savait ? Qui n'a pas su ? Qui a laissé à la victime le poids d'une décision impossible ?" Ces interrogations soulignent la nécessité d'une réflexion collective sur la gestion des accusations de violences sexuelles.
Les anciens alliés de Aulas, regroupés dans le groupe de centre-droit Coeur Lyonnais, ont également tenté de prendre leurs distances avec lui, rappelant l'importance de ne pas laisser le silence régner autour de ces sujets. Nina Bouffet, du groupe Lyon Ensemble, a affirmé : "Il faut refuser le silence, aucune ambition politique ne vaut qu'on abandonne une victime." Le débat sur les violences sexuelles en milieu institutionnel semble enfin se propager à Lyon, promettant une prise de conscience et des réformes nécessaires.







