Après avoir enregistré des températures records lundi et vécu la nuit la plus chaude depuis 1947, la canicule exceptionnelle qui touche la France continue de s'intensifier. Ce mardi, des pics à 44°C sont prévus dans le sud-ouest, mettant les infrastructures et la population à rude épreuve.
Plus de la moitié du territoire est en vigilance rouge selon Météo-France, un seuil sans précédent. 54 départements sont concernés, et 35 autres sont en vigilance orange, exposant ainsi plus de 90% des Français à des chaleurs extrêmes.
Cette vague de chaleur, qui affecte depuis plusieurs jours la France et une partie de l'Europe, est "fortement exacerbée par le changement climatique d'origine humaine", selon une étude de la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Sans cette influence, les températures actuelles auraient été 2 à 4°C plus fraîches.
La situation est d'autant plus inquiétante : le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé 40 décès par noyade liés à la canicule depuis le 18 juin, touchant majoritairement les jeunes.
Les conséquences touchent également les infrastructures. La centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, a été arrêtée en raison de "contraintes environnementales" imposées par la canicule. La température de la Garonne, qui doit rester sous 28°C pour le refroidissement, est atteinte.
- "Ce n'est plus tenable" -
De nombreuses villes ont battu des records de chaleur, notamment Angers avec 40,9°C, Saintes à 42°C et Bordeaux à 41,9°C. La journée la plus chaude a été enregistrée à Châteaumeillant, dans le Cher, avec 43,3°C. De nouveaux records pourraient être établis ce mardi, avec des maximums attendus de 43°C à Rennes et Bordeaux.
Le secteur scolaire est également impacté : 1.352 établissements ont fermé leurs portes lundi sur les 60.000 que compte le pays, entraînant des reports d'examens.
"Ce n'est plus tenable", déclare Natacha, enseignante à Bordeaux. "Hier, seulement six élèves sont venus le matin, deux l’après-midi. On ne terminera pas le programme, comme d'habitude..." Une autre enseignante témoigne : "32°C en classe depuis une semaine, c’est intenable!"
Les Rennais tentent de s'adapter. Annie, 23 ans, explique qu'elle ne peut pas sortir faire du sport en raison de la chaleur : "Il a fait 29,7°C au coucher, c'était difficile. J'espère que ça va bientôt se calmer."
Jean-Marc, 55 ans, remarque que la chaleur ambiante commence à être insoutenable, aussi bien à l’intérieur qu'à l’extérieur. Le professeur Louis Soulat, membre du syndicat Samu-Urgences de France (SUDF), avertit que d'ici mercredi, les cas de problèmes de santé liés à la chaleur pourraient exploser.
- 5.700 morts en France l'an dernier -
Météo-France souligne que cette canicule, bien qu'intense, reste d'une durée incertaine. Les populations les plus vulnérables, en particulier celles âgées, sont particulièrement en danger. À Carpentras, deux enfants ont été retrouvés sans vie dans un véhicule familial.
Les estimations de Santé publique France indiquent que la chaleur a causé environ 5.700 décès en France en 2025, un chiffre largement supérieur aux 3.700 l'année précédente. Selon la revue Nature Medicine, plus de 60.000 morts ont été attribués à la chaleur dans toute l'Europe en 2024.
Ces conditions caniculaires entraînent également des niveaux d'ozone élevés sur une large partie du territoire français. Ce gaz, généré par les réactions de l'ozone avec la lumière solaire, est un polluant irritant pour les voies respiratoires, avertit le ministère de la Santé.
Les prévisions climatiques anticipent un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici à 2050, un chiffre qui soulève des inquiétudes croissantes.







