Les principales enseignes de la grande distribution, telles qu'E. Leclerc, Carrefour et Auchan, annoncent le lancement d'une campagne de communication inédite, visant à prouver leur rôle essentiel dans la protection du pouvoir d'achat. Ces acteurs majeurs de l'économie mettent en garde le législateur contre l'accumulation de mesures visant à restreindre leur capacité de négociation sur les prix.
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, se déroulent des négociations souvent jugées difficiles, qui déterminent le prix des produits en rayon (à l'exception des marques de distributeurs).
Sur une affiche révélée lors d'une conférence de presse, les enseignes s'interrogent : "Si demain la loi nous interdit de négocier les prix, qui défendra votre pouvoir d'achat ?". Cette campagne est soutenue par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les intérêts des distributeurs.
L'affiche met en avant une sélection de 12 produits de consommation courante, dont Coca-Cola et Nutella, avec des prix affichés avant et après négociations. En chiffres, le panier classique, avant l'intervention des négociations, coûterait 71,49 euros, tandis que le prix après négociation s'établit à 52,12 euros.
Les enseignes avancent qu'en l'absence de négociations, ce panier coûterait 37 % plus cher, selon un communiqué commun. Pour étayer ce chiffre, elles ont confié des données à un tiers indépendant, détaillant les augmentations tarifaires demandées par les industriels depuis 2021.
Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a exprimé une inquiétude croissante face à une inflation alimentaire atteignant près de 25 % ces dernières années. "Toute décision restreignant notre capacité de négociation se traduirait inévitablement par des prix plus élevés pour les consommateurs", a-t-il averti.
Les inquiétudes concernent des amendements proposés dans le cadre d'un projet de loi d'urgence agricole, qui visent à pénaliser certaines pratiques perçues comme abusives, comme la réduction des commandes durant les négociations. Thierry Cotillard, dirigeant d'Intermarché, craint que de telles mesures n'affaiblissent leur position lors des futures négociations.
Philippe Michaud, président exécutif de E.Leclerc, plaide quant à lui pour un recentrage du consommateur dans les décisions commerciales. Cette réaction de la grande distribution fait suite à un rapport d'une commission d'enquête sénatoriale critiquant des pratiques parfois jugées abusives.
Malgré les défis, cette campagne de communication pourrait bien redéfinir le rôle des enseignes dans l'écosystème économique français et leur relation avec les consommateurs. À suivre de près...







