Dans le cœur du Mans, un projet innovant se prépare : une colocation solidaire réunissant quatre jeunes actifs et quatre personnes en situation de grande précarité. Située dans les maisons numéros 156 et 158 de la rue Gambetta, cette initiative, pilotée par l'association Lazare, vise à créer un cadre de vie respectueux, favorable aux échanges et à la réinsertion.
Marie, une habitante du quartier, exprimait des préoccupations lors d'une réunion d'information : "C'est un quartier familial ici. Quand on entend qu'il va y avoir une colocation de sans-abris, on se demande sur quoi on va tomber, forcément. C'est toujours mieux quand ce n'est pas à côté de chez soi". Son inquiétude, partagée par d'autres riverains, trouve écho dans la nécessité d'un dialogue ouvert. Paul Garnier, responsable du développement immobilier chez Lazare, insiste sur les **règles strictes** qui encadreront la vie en colocation : "Ce n'est pas un refuge de jour. Nous voulons établir un environnement sain et stable. Pas de drogue ou d'alcool, pas d'animaux, et obligation de payer un loyer de 320 euros charges comprises".
Ces maisons, récemment acquises, seront rénovées pour offrir à chaque colocataire un espace privé tout en préservant des lieux communs pour favoriser l'échange. Une famille bénévole surveillera également le bon fonctionnement de la colocation. Ce type d'initiative est crucial dans le contexte actuel, où l'isolement et la précarité touchent de nombreuses personnes. D'après une étude du INSEE, la solitude et l'exclusion sociale de groupes vulnérables sont des réalités alarmantes. Ce projet entend y remédier en créant des passerelles entre différentes couches de la société.
Les colocataires pourront s'installer à partir d'août 2026, après des travaux d'aménagement. Lazare prévoit de lancer bientôt un appel à candidatures sur ses réseaux sociaux pour recruter des résidents ainsi que la famille bénévole qui aura la responsabilité de veiller au respect des règles. Cette démarche vise non seulement à répondre à une demande d'hébergement mais aussi à construire une communauté d'entraide et de solidarité.
Paul Garnier conclut : "Les personnes que nous accueillons ne sont pas des statistiques. Ce sont des individus ayant connu des épreuves difficiles, comme la perte d'un emploi ou une rupture. Il est temps de leur tendre la main et de reconstruire leur vie". Avec cette colocation, le Mans se positionne comme un modèle d'inclusion sociale, apportant espoir et soutien à ceux qui en ont besoin.







