Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a été l'objet d'une vive contestation lors de l'assemblée générale du barreau de Paris, qui s'est déroulée mercredi 14 janvier à la Maison de la Mutualité, à Paris. Présent pour échanger sur les vœux de la profession, il s'est vu accueillir par des sifflets et des slogans hostiles. Une dizaine d'avocats ont déployé une banderole provocante affichant le message : "Darman'njustice".
Romain Ruiz, un avocat à l'initiative de cet acte, a déclaré : "Le seul vœu que nous pouvons formuler vis-à-vis de Gérald Darmanin, c'est qu'il démissionne". Il a expliqué que le malaise des avocats envers celui qu'ils considèrent non pas comme un véritable garde des Sceaux, mais comme un ministre de l'Intérieur déguisé, s'exprime à travers cette action de protestation.
Les raisons de cette fronde sont multiples. Depuis 2021, Darmanin a défilé aux côtés d'organisations policières, y compris certains syndicats controversés, affirmant que le véritable problème résidait dans la justice, jugée par certains comme un discours répressif. En séance au Sénat en 2023, il a mis en avant "l'efficacité et la fermeté", laissant de côté les questions de droits et de défense, s'attirant les critiques des avocats, comme le rapporte franceinfo.
Ruiz a également rappelé les propos de Darmanin, tenus en janvier 2025, où il qualifiait une "minorité" d'avocats de travailler contre l'innocence de leurs clients, le qualifiant d'entrave au processus judiciaire. Cette formule, jugée offensante, alimente encore plus les tensions entre le ministère de la Justice et le barreau.
La tension entre avocats et Gérald Darmanin, ministre qui est au cœur d'une politique que beaucoup estiment régressive, ne semble pas prête à se dissiper. D'autres acteurs du milieu juridique appellent maintenant au dialogue, espérant un apaisement entre les différentes institutions judiciaires. La challenge de la cohabitation entre justice et répression reste un sujet brûlant dans l'actualité française.







