Dans un acte de défi face à leur environnement carcéral, des détenus du quartier de lutte contre le crime organisé (QLCO) à la prison de Condé-sur-Sarthe ont déclenché une inondation volontaire dans les coursives, ce lundi 5 janvier, vers 22h30. Cet événement fait suite à l'annulation de leur promenade quotidienne, conséquence du déclenchement du plan brouillard.
Le 15 octobre dernier, cette prison de haute sécurité, conçue pour accueillir les narcotrafiquants les plus dangereux de France, a été le théâtre de cette première rébellion. Un responsable de l'administration pénitentiaire a rapporté que même les étages inférieurs ont été affectés par cette inondation d'eau mélangée à du savon, provoquant la colère des détenus.
Le principal instigateur, identifié comme Billel B., âgé de 30 ans, a rapidement été transféré au quartier disciplinaire. L'incident a également entraîné l'annulation de la promenade prévue le lendemain pour permettre le nettoyage des lieux, comme le rapporte le site Valeurs Actuelles.
Les tensions ne se sont pas arrêtées là : lors de la pause de midi, des détenus, manifestant leur mécontentement, ont eu recours au « tapage », frappant sur les portes et montants le volume de la musique à son maximum tout en criant à travers les fenêtres.
« C’est la preuve que les prisons de haute sécurité fonctionnent », a réagi un source pénitentiaire, soulignant que, tout comme à Vendin-le-Viel, plus de 150 recours intentés par des détenus concernant leurs conditions d'incarcération avaient été rejetés par la justice.
Ce n'est pas la première fois que des événements similaires se produisent. En août dernier, dans une autre prison de haute sécurité, plusieurs détenus avaient laissé couler l'eau de leur cellule pendant trois jours, inondant ainsi les couloirs avant de se rendre compte des conséquences de leurs actes.
Face à ce climat de tensions, il est essentiel pour les responsables de la prison de réévaluer les conditions de vie des détenus afin de prévenir de futurs incidents. L'expert en criminologie, Dr. Marc Fontaine, a souligné que « des réponses adéquates et humaines sont nécessaires pour éviter l'escalade des tensions en prison ». Comme l'indiquent les récents rapports, un équilibre fragile existe entre sécurité et droits des détenus dans le système pénitentiaire français.







