Le 2 juillet, la Cour de révision a pris une décision qui pourrait transformer le cours de l'affaire Dany Leprince. Condamné à perpétuité en 1997 pour le meurtre de quatre membres de sa famille en 1994, Leprince, qui a toujours maintenu son innocence, sera rejugé en raison de nouveaux éléments ayant émergé.
Il s’agit de la treizième révision d’une condamnation en France depuis 1945. Près de trois décennies après sa condamnation, Dany Leprince est de nouveau sous les feux de la justice, et son cas soulève d'importantes interrogations. Selon des experts, cette décision pourrait devenir un tournant dans la lutte contre les erreurs judiciaires.
Pour agrémenter le récit, rappelons que Dany Leprince a condamné pour le meurtre de son frère, de sa belle-sœur, et de ses deux nièces à Thorigné-sur-Dué (Sarthe). À 69 ans, il a engagé une bataille judiciaire sans relâche, soutenue par des associations qui contestent la crédibilité des preuves initialement retenues contre lui. Sa détention de 18 ans a généré des débats, tant dans les salles d'audience que dans l'opinion publique.
Au moment du drame, son épouse, Martine Compain, et sa fille aînée l’avaient accusé. Malgré une déclaration partielle d’aveux — qu'il a ensuite rétractée — Dany Leprince a été condamné sans la possibilité de faire appel. C’est seulement en 2012 qu’il obtient une libération conditionnelle après que des doutes ont commencé à s’installer quant à sa culpabilité.
Une plainte relance les investigations
Un tournant majeur s'est produit avec le dépôt d'une plainte en 2014 par son père, qui a mené à l'ouverture de nouvelles enquêtes. Des éléments cruciaux ont été découverts, notamment la présence probable de l'ADN de l'une des victimes sur un couteau trouvé dans la maison de son ex-épouse, Martine Compain, qui est désormais considérée comme témoin assisté.
Plus troublant encore, en 2024, Solène Leprince, la seule rescapée du drame, a exprimé des doutes sur la culpabilité de son oncle. Dans une lettre à la justice, elle a évoqué des incohérences qui soulèvent des questions quant à la validité du procès initial. Les avocats de Dany Leprince ont, quant à eux, soumis un mémoire exhaustif de 200 pages, mettant en lumière une vingtaine de nouveaux faits pouvant nuancer l’affaire.
« La Cour de révision et de réexamen juge que deux des éléments à charge ont été fragilisés par des données inconnues jusqu'à présent. Cela crée des doutes sur la culpabilité de Dany Leprince », a expliqué le président Nicolas Bonnal. Un nouveau procès est donc inévitable, et toutes les attentions se tournent vers le prochain chapitre de cette affaire chamboulée par des allégations d'erreurs judiciaires.







