Un revirement spectaculaire : jeudi, la Cour de révision a annulé la peine de réclusion à perpétuité de Dany Leprince, impliqué dans le tristement célèbre quadruple meurtre de la Sarthe en 1994, et a ordonné un nouveau jugement.
"Il faut que la vérité éclate", a déclaré l'homme de 69 ans, visiblement ému après cette première "victoire" qui marque un tournant dans sa quête d’innocence, entouré de ses proches, en sortant de la Cour de cassation.
Libéré après avoir purgé 18 ans de sa peine, Dany Leprince conteste vigoureusement sa culpabilité pour les meurtres de son frère, sa belle-sœur et de deux de leurs filles à Thorigné-sur-Dué, une tragédie qui a choqué la France. Ce revirement constitue son ultime recours pour prouver son innocence, après un précédent rejet qui l’avait renvoyé derrière les barreaux.
La Cour de révision a souligné que certains éléments de preuve qui avaient initialement joué contre Dany Leprince avaient été « fragilisés » par de nouvelles informations non considérées auparavant. "Cela peut soulever des doutes concernant sa culpabilité", a précisé le président Nicolas Bonnal.
En conséquence, Dany Leprince sera rejugé devant la cour d'assises du Maine-et-Loire, à Angers. Son avocat, Me Olivier Morice, a salué l'annulation comme une "grande victoire", affirmant : "Aujourd'hui, il n'y a plus de 'Boucher de la Sarthe', il reste M. Leprince, présumé innocent... Nous visons l'acquittement."
- "Zones d'ombre" -
La décision de la Cour de révision, une démarche rare en France—où seulement une douzaine de condamations ont été annulées depuis 1945—s'appuie notamment sur le témoignage de Solène Leprince, la seule survivante du drame, qui avait alors seulement 2 ans. Bien qu'elle ait soutenu que son oncle avait été l’auteur des meurtres, ses souvenirs restaient flous.
"Je suis dévastée par la perte de mes parents et de mes sœurs, mais je ressens aussi de la colère face aux zones d'ombre qui persistent", a témoigné Solène devant la Cour de révision, où elle a exprimé son soutien à son oncle.
La Cour a également relevé les possibles "pertes de mémoire" de Martine Compain, l'ex-femme de Dany Leprince. Une expertise récente a montré qu’elle pourrait ne pas présenter de troubles de mémoire, soulevant des questions quant à la véracité de ses déclarations à l'époque des faits.
Martine Compain a été placée sous le statut de témoin assisté dans le cadre d'une enquête judiciaire ouverte par Robert Leprince, le père de Dany.
Le 4 septembre 1994, l’homicide de Christian Leprince, sa conjointe et deux de leurs jeunes filles a laissé la région en émoi. Solène, la rescapée, est l’unique témoin vivant de cette tragédie. Accusé par Martine et sa fille aînée Célia, Dany avait d'abord avoué les meurtres avant de se rétracter, considérant ces aveux comme des "faux aveux".
En 1997, la cour d'assises de la Sarthe l’avait condamné à perpétuité, une peine désormais annulée. Ce nouveau procès pourrait enfin permettre de faire la lumière sur une affaire qui continue de susciter des interrogations.







