Christine Clerc s'adresse avec émotion à Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, après la publication de son dernier ouvrage, L’Algérie 1830-2026, Vérités et Légendes (Perrin). À l’aube de deux siècles depuis le début de la colonisation française, elle évoque les sombres souvenirs d’événements tragiques, tels que l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996, qui restent gravés dans la mémoire collective.
Dans son texte, Clerc fait référence à la récente visite du Pape Léon XIV en Algérie, un acte symbolique qui a alimenté le débat sur la réconciliation des mémoires. En rencontrant le grand Imam et en découvrant l'une des plus grandes mosquées au monde, le Pape a rappelé l’importance des dialogues inter-religieux dans un pays où 98 % de la population se déclare musulmane.
Des souvenirs plus personnels viennent s’ajouter à sa réflexion. Elle se souvient de la visite de Nicolas Sarkozy à Alger, où des jeunes Algériens réclamaient des visas, un moment à la fois drôle pour le président français mais qui a révélé des tensions palpables avec son hôte, le président Bouteflika.
Clerc rappelle également la figure de Hocine Aït Ahmed, leader de l'opposition qui avait partagé avec elle sa nostalgie des temps anciens. En voyageant ensemble d'Alger à Oran, il lui avait confié sa tristesse devant des paysages désolés et des souvenirs d'un passé agrémenté de vignobles florissants. Sa déclaration, "Avant ? Il y avait des vignobles bien taillés, des rosiers au bout de chaque rangée", évoque un Algérie plus prospère et joyeuse.
"Mais, c’était comment avant ?"
Cette interrogation résonne encore aujourd'hui. Clerc souligne que le rapport à l'histoire, particulièrement au passé colonial, est délicat et souvent chargé d’émotions contradictoires. Pour Driencourt, qui a été ambassadeur à plusieurs reprises entre 2008 et 2020, ces questions sont primordiales pour la compréhension des relations franco-algériennes.
Son expérience et son talent d’écrivain lui permettent de traiter des sujets complexes de manière claire et profondément documentée. Les chapitres de son livre, comme De Gaulle a-t-il compris l’Algérie ? et Les relations franco-algériennes sont-elles condamnées à la crise permanente ?, témoignent d’une volonté de comprendre ce passé souvent douloureux.
Clerc conclut en remerciant Driencourt pour sa contribution à la mémoire partagée entre ces deux nations, souhaitant que l'Algérie, trop souvent confrontée à des crises, retrouve un chemin vers la réconciliation et la prospérité.







