L'essentiel
Le maire de Carpentras (Vaucluse), Hervé de Lépinau, a exprimé son indignation face aux prises de position du Planning familial, un organisme crucial pour l'accès aux services de santé, y compris avortement et dépistage du VIH.
Lors d'une réunion municipale du 5 juin, le maire a dévoilé une liste des subventions allouées aux associations locales. Plusieurs d'entre elles, notamment celles à vocation artistique ou sociale, ont vu leurs financements drastiquement diminués, selon les informations rapportées par ICI Vaucluse.
Le Planning familial est l'une des principales victimes de cette nouvelle politique. Hervé de Lépinau justifie cette décision par un désaccord idéologique fort, affirmant que l'organisme « prend ouvertement parti contre le Rassemblement national ». Il explique également que la situation budgétaire difficile héritée de l'ancienne majorité nécessite une rigueur accrue dans la gestion financière municipale.
"Des lignes rouges ont été franchies"
Pour étayer son discours, le maire cite une campagne d'affichage menée par le Planning familial à Paris, qui l'a choqué. Il déclare : « L'association n'est pas là pour exacerber les problèmes d'identité des adolescents. » Selon lui, « des lignes rouges ont été franchies ». À la suite de cette décision, le Planning familial se voit retirer une allocation de 3 000 euros, une perte qu'il considère comme peu significative, affirmant que l'association ne « va pas non plus s'effondrer ».
Des pénalités pour d'autres associations
D'autres organismes se retrouvent également affectés. L'association « Carpentras fait son cinéma » perd 59 000 euros, tandis que la radio locale Territoire Ventoux FM se voit supprimer une aide de 1 700 euros après avoir par inadvertance diffusé une chanson à connotation pétainiste. Cette décision rappelle les préoccupations croissantes concernant l'essor des discours extrêmes dans le paysage politique local.
En 2020, Hervé de Lépinau avait déjà suscité la controverse en comparant l'avortement à un génocide, voire aux « crimes de Daesh », comme l’a rapporté Libération. Ainsi, ces récentes mesures soulignent une volonté affirmée de l'élu d'imposer sa vision conservatrice au détriment de certaines structures de soutien.







