Ce samedi, l'Église d'Angers se prépare à demander pardon pour les atrocités perpétrées par l'abbé Hyacinthe-Marie Houard, décédé en 2012. Le diocèse organise une cérémonie significative, marquée par la présence de victimes de ce prêtre, impliquées dans l'élaboration de cet événement.
Monseigneur Emmanuel Delmas, évêque d'Angers, dirigera cette rencontre à partir de 14h place du Parvis Saint-Maurice. L'initiative vise à reconnaître les violences subies et à exprimer un profond regret pour les manquements de l'Église durant cette période sombre. Selon le site d’informations diocésain, l'événement est une étape cruciale pour faire entendre les voix de ces victimes.
Une démarche de reconnaissance
La nécessité de cette cérémonie s’inscrit dans le cadre d'une réflexion approfondie sur les comportements inacceptables du passé. Cécile de Vitton, déléguée diocésaine à la protection des personnes vulnérables, souligne : "Nous avons cheminé ensemble, et bien que cela ait été long et éprouvant, cette démarche est essentielle. Nous ne pourrons jamais effacer les blessures, mais il est crucial d’écouter la parole de ceux qui ont souffert. Cela offre un chemin vers une forme de réparation."
À ce jour, 25 victimes de l’abbé Houard ont officiellement reconnu les abus subis, et certaines ont déposé une demande de reconnaissance et de réparation auprès de l'Instance nationale dédiée. Aucun procès ne pourra avoir lieu, étant donné le décès du prêtre.
Un véritable enjeu de société
Selon un rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église en France, environ 3% des prêtres et religieux seraient impliqués dans des abus, ce qui représenterait environ 216,000 victimes. Ce constat déstabilisant incite les institutions à repenser leur approche face à ces problèmes. Les voix des victimes doivent être entendues et soutenues pour favoriser une véritable guérison.
Cette cérémonie, attendue avec un mélange d’espoir et de douleur, se veut un hommage fort et solennel pour toutes les personnes qui ont souffert des actes de l'abbé Houard, mais également un appel à la responsabilité collective à travers la reconnaissance des souffrances passées.







