Dans une salle d’audience où chaque émotion compte, Solène Leprince a pris la parole pour raconter l’horreur qui a frappé sa famille. Survivante d'une tuerie survenue en 1994 dans la Sarthe, elle a révélé un témoignage déchirant à la Cour de révision, déclarant: « Je n’ai aucun souvenir de cette nuit-là ».
Elle n'avait alors qu'un peu plus de deux ans lorsque ses parents et ses grandes sœurs ont été découverts morts, victime d'un crime brutal. Malgré son jeune âge lors des faits, elle se souvient d'un moment fugace : être « dans les bras d’un homme en blouse blanche, avec des gyrophares », après le drame.
Dany Leprince, accusé et condamné à perpétuité pour ce quadruple meurtre, a affirmé son innocence lors d'une récente audience. À 69 ans, il espère obtenir un nouveau procès grâce au soutien de Solène, qui clame également la nécessité de réouvrir le dossier. Ce dernier, décrit par son avocate comme un cas « d’une violence inouïe », s'accompagne de nombreuses interrogations sur les éléments qui ont conduit à sa condamnation.
Dans un contexte où la justice est souvent mise à l’épreuve, la voix de Solène Leprince raisonne. Sa demande pour un nouvel examen de l’affaire s’appuie sur des doutes sur la culpabilité de son oncle. Elle s’interroge face aux témoins contradictoires, notamment l’ex-femme de Dany, dont les déclarations pourraient masquer des incohérences, selon les avocats de la défense.
« Pourquoi je suis la seule survivante de ce drame ? »
Solène questionne la logique de l'enquête et dénonce l’absence de preuves matérielles contre Dany Leprince. « Pourquoi n’a-t-on jamais scruté d’autres pistes ? » s’interroge-t-elle, appelant à ce que toutes les évidences soient examinées. La reconstruction de ce drame, où les membres de sa famille se sont battus pour leur vie, reste un sujet de grande douleur pour elle.
Un expert, Me Morice, son avocat, affirme que des révélations pourraient permettre de revisiter les défauts d’une enquête jugée à l'époque précipitée. Ce dernier plaide pour que la Cour de révision prenne en compte ces nouveaux éléments qui pourraient bouleverser la décision initiale.
Les échanges ont mis en lumière la frustration de Solène, qui ressent que son statut de témoin a été manipulé. « On m’a présenté comme un témoin clé, alors que je suis simplement une victime », exprime-t-elle avec force. « Je ne porte aucune responsabilité. » Elle souhaite simplement comprendre la tragédie qui l’a marquée à vie.
Alors que la Cour rendra sa décision en juillet, l’audience recente a suscité des espoirs de révision parmi les parties impliquées. Les avocats de Dany font écho à un désir collectif d'honorer la mémoire de ceux qui ont perdu la vie dans des circonstances tragiques. « C'est un moment crucial pour nous », conclut Solène, déterminée à obtenir justice pour sa famille.







