Orienter efficacement les jeunes vers des métiers porteurs, accompagner ceux qui décrochent et valoriser des emplois étudiants de qualité : c'est l'ambition du gouvernement qui a présenté jeudi un plan visant à renforcer l'insertion professionnelle des jeunes adultes. Alors que le chômage des jeunes atteint des niveaux inquiétants, ce programme ne s'accompagne cependant d'aucun financement additionnel.
L'objectif affiché est d'augmenter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40% d'ici 2030, contre 34,3% prévu fin 2025, comme l'a expliqué le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, lors de la présentation de ce plan inter-ministériel comprenant 15 mesures, intitulé "Emploi futur".
Les derniers chiffres montrent un taux de chômage chez les jeunes de 21,5%, avec une inquiétude croissante concernant les NEET (Not in Education, Employment or Training). En effet, 12,9% des jeunes sont exclus de tout dispositif de soutien, selon l'Insee. De plus, les jeunes Français peinent à intégrer le marché du travail plus longtemps que leurs homologues européens.
"Un retournement économique, compte tenu du contexte international, pourrait gravement affecter le marché du travail des jeunes", a prévenu M. Farandou après son déplacement à l'université Paris-Est Créteil.
La stratégie, qui ne nécessite ni modification législative ni budget additionnel, se décline en trois axes principaux : améliorer l'orientation vers les métiers qui recrutent (tels que le secteur de la défense, le nucléaire ou le médico-social), renforcer la connexion avec le monde de l'entreprise tout en favorisant la sécurité au travail, et anticiper les ruptures de parcours pour un accompagnement intensif des jeunes en difficulté.
Cette initiative arrive peu après le décès tragique d'un lycéen durant un stage dans le secteur du BTP, ce qui a suscité un débat sur les conditions de ces stages.
Parmi les nouveautés, l'introduction d'un "InserScore" pour toutes les formations professionnelles, un indicateur visant à renseigner sur l'employabilité des diplômés, ainsi qu'une application nommée "1jeuneDessolutions" qui centralisera toutes les ressources disponibles pour les jeunes.
Une gestion des emplois et compétences dans des secteurs stratégiques sera également développée pour ajuster les offres de formation aux besoins du marché.
Des formations courtes et professionnalisantes seront facilitées pour les étudiants ayant interrompu leur parcours académique, notamment à travers les programmes de France Travail.
Le plan prévoit aussi d'encourager les entreprises à proposer des stages et des emplois temporaires de qualité pour les jeunes.
"Au rabais" selon certains observateurs, cette stratégie se fixe comme objectif d'accompagner les NEET grâce à des stages intégrés à des dispositifs d'accompagnement.
Le mentorat et le parrainage seront également renforcés pour les jeunes issus de milieux vulnérables.
Jean-Pierre Farandou a exprimé sa volonté de faire de l'emploi des jeunes une priorité budgétaire pour 2027, malgré une baisse récente du budget alloué aux missions locales.
Le Medef a souligné, via l'AFP, que ce plan répond à plusieurs de ses recommandations, tout en regrettant des mesures qui sapent l'efficacité de l'apprentissage, une initiative jugée fructueuse pour l'insertion des jeunes sur le marché du travail.
La secrétaire générale de l'Unef, Manon Moret, a critiqué cette initiative comme étant "pro-entreprises" et dépourvue des moyens nécessaires.
En visitant l’université de Créteil, M. Farandou a illustré des exemples positifs de jobs étudiants adaptés aux études, mais des étudiants comme Adil Tagri, en médecine, ont souligné les difficultés rencontrées par ceux issus de milieux modestes, devant souvent jongler entre études et travail pour s'en sortir.







