Le gouvernement a dévoilé, jeudi, une initiative visant à orienter les jeunes vers les métiers en plein emploi, à restaurer les parcours des décrocheurs scolaires et à promouvoir des jobs étudiants de qualité. Alors que le chômage des jeunes atteint un taux alarmant de 21,5%, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a présenté le plan intitulé "Emploi futur", qui vise à porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40 % d'ici à 2030.
Les dernières analyses de l'Insee soulignent une inquiétante augmentation du nombre de jeunes NEET, qui ne sont ni en emploi, ni en formation, représentant 12,9% de cette tranche d'âge. Ce cadre préoccupant pousse le gouvernement à agir sans pour autant mobiliser de moyens financiers supplémentaires.
La stratégie, déclinée en quinze mesures, se concentre sur trois axes. D'abord, orienter les jeunes vers des domaines porteurs tels que le défense, le nucléaire ou le secteur médico-social. Ensuite, faciliter leur connexion avec le marché du travail tout en garantissant leur sécurité. Enfin, le plan entend anticiper les ruptures de parcours en offrant un accompagnement intensif.
Cet annonce fait suite à un tragique événement survenu moins d'un mois auparavant, lorsqu'un lycéen a perdu la vie lors d'un stage dans le secteur du BTP, relançant ainsi les débats autour de la sécurité lors des stages. Afin d'améliorer l'insertion professionnelle, un indicateur baptisé "InserScore" sera mis en place. Cet outil permettra d'évaluer les débouchés des formations professionnelles, et d'aider les jeunes à faire des choix éclairés concernant leur avenir.
Pour faciliter l'accès aux services nécessaires, une application nommée "1jeuneDessolutions" sera lancée. Par ailleurs, un effort sera fait pour ralentir la transition des jeunes vers le marché de l'emploi, en développant des formations courtes et adaptées à ceux ayant interrompu leurs études.
Bien que le plan n'exige pas de nouvelles législations, il ne manque pas d'entraîner des critiques. Le Medef a souligné que certaines mesures entravaient l'efficacité de l'apprentissage, tout en appuyant d'autres propositions. En revanche, Manon Moret, secrétaire générale de l'Unef, a qualifié ce plan de "pro-entreprises" et d'"au rabais", dénonçant l'absence de moyens financiers réels.
Les différences de parcours entre étudiants sont également apparentes. Des jeunes comme Adil Tagri, étudiant en médecine, témoignent des difficultés rencontrées, soulignant que ceux issus de classes moyennes ne bénéficient pas d'aides suffisantes, les contraignant à travailler de longues heures pour financer leurs études.
À l'université Paris-Est Créteil, Jean-Pierre Farandou a rencontré ses homologues de l'Enseignement supérieur et de la Jeunesse pour discuter de l'amélioration de l'encadrement et des emplois étudiants, devant une audience attentive surtout préoccupée par leur avenir professionnel.







