À Marseille, une récente opération policière a révélé l'implication croissante des femmes au sein du réseau criminel connu sous le nom de DZ Mafia. En mars dernier, 26 individus, dont neuf femmes, ont été arrêtés lors d'un vaste coup de filet. Les journalistes de France Télévisions ont approfondi leur enquête pour dévoiler leurs profils et rôles dans le trafic de drogue.
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Le 14 mars, ces femmes, souvent issues de milieux précaires, ont été arrêtées, révélant une dynamique inédite dans le monde du narcotrafic. "Je cherchais un moyen de subvenir à mes besoins fondamentaux", raconte Marie, 23 ans, comme rapporté par France Télévisions. Recrutée via les réseaux sociaux, elle a été entraînée dans un cycle de livraisons de cannabis après avoir été approchée en ligne. "Pour 1 000 euros par mois, je devais gérer les stocks, mais les conséquences de ce choix sont lourdes", ajoute-t-elle, se battant maintenant pour récupérer la garde de son enfant.
Un marché prometteur pour les narcotrafiquants
Les experts révèlent que les narcotrafiquants voient en ces femmes de nouvelles opportunités pour pénétrer le marché de la consommation de drogues. L'avocate pénaliste Maître Sarah Nabet-Claverie affirme : "Des réseaux ciblent spécifiquement les femmes consommatrices, appréciant la discrétion que cela procure, surtout quand il s'agit de livraisons à domicile." Cette stratégie permet de sécuriser un créneau encore sous-exploité.
Intégration dans des réseaux dangereux
De nombreuses femmes se retrouvent également piégées dans des organisations criminelles violentes. Léa, 25 ans, est un exemple frappant. Après plusieurs incarcérations, elle a pris les rênes d'un réseau exclusivement féminin. "Les narcotrafiquants ont fini par réaliser que je gérais mieux les opérations que certains hommes. Je perçois jusqu'à 40 000 euros de bénéfices par mois", confie-t-elle, tout en se remémorant des moments de grande tension où elle et ses partenaires ont été séquestrées suite à un vol de stock.
Les réseaux sociaux comme vecteur de recrutement
Un rapport de la police met en lumière que les réseaux sociaux sont devenus le principal canal de recrutement pour ces femmes dans le narcotrafic. L'inspecteur Dominique Abbenanti indique : "Les femmes sont de plus en plus impliquées dans l'ubérisation du trafic, non seulement dans la préparation et la distribution, mais également dans des opérations de plus en plus violentes." En effet, le nombre de femmes jugées dans des affaires de trafic a triplé en l'espace de deux ans en France, une statistique qui souligne l'ampleur croissante de ce phénomène.







