Depuis le début de l'année, les enlèvements liés aux cryptomonnaies représentent une préoccupation majeure pour les enquêteurs spécialisés dans la criminalité organisée. Ils suspectent un réseau commun derrière plusieurs incidents similaires.
Le 27 mars, une juge d'instruction a décidé de fusionner plusieurs enquêtes, suspectant qu'une "même entreprise criminelle" soit impliquée dans divers enlèvements et tentatives d'enlèvement. Cette information a été confirmée par des sources proches de l'affaire, selon lesquelles le mode d'opération, la sélection des cibles et l'organisation des actes sont remarquablement similaires.
Avec cette fusion, le nombre total de personnes mises en examen dans ce dossier complexe atteint désormais 45. Les faits notables incluent l'enlèvement le 1er mai à Paris d'un homme dont le fils est un investisseur en cryptomonnaies, où la rançon exigeait plusieurs millions en cryptomonnaies. L'individu a subi une amputation d'un doigt comme menace initiale.
Le 13 mai, des assaillants masqués ont tenté d'enlever la fille et le petit-fils de Pierre Noizat, le PDG de Paymium, mais les victimes ont réussi à fuir grâce à l'intervention d'un proche.
Le 26 mai, à Couëron, une autre tentative d'enlèvement a été déjouée, ce qui a conduit les enquêteurs à relier ces incidents. Les abus croissants contre les détenteurs de cryptomonnaies, comme l’a souligné le parquet anti-criminalité organisée (Pnaco), indiquent une montée inquiétante des agressions, avec 13 procédures ouvertes dès janvier.
L'explosion de ces affaires a incité l'avocat Romain Chilly, représentant des parties civiles, à plaider pour une avancée plus rapide dans les enquêtes, malgré la centralisation des affaires. Il a précisé que la méthodologie commune des enquêtes pourrait aider à faire la lumière sur ces actes violents.
Des développements récents indiquent que quatre suspects liés à un kidnapping en janvier des parents d'un investisseur ont été mis en examen. Après une semaine de détention, le couple a été retrouvé dans des conditions précaires, avec des traces de maltraitance.
Un des suspects, Kassim G., aurait joué le rôle de "meneur opérationnel" et était déjà impliqué dans une autre affaire de séquestration. La question demeure : ces affaires sont-elles toutes orchestrées par le même commanditaire ? Les enquêtes devront répondre à cette interrogation cruciale.
L'avocat de Kassim, Eliott Amzallag, a déclaré que la révélation d'un lien entre les affaires renforcerait l'hypothèse que des commanditaires exploitent des individus vulnérables pour commettre des actes criminels, avant de les abandonner à leur sort.
De son côté, Baptiste Bellet, représentant une autre accusée dans une affaire connexe, a exprimé son indignation face aux accusations selon lesquelles sa cliente aurait collaboré avec les ravisseurs, soulignant qu'elle a agi sous la contrainte de personnes armées.







