Ce vendredi 3 avril 2026, Delphine Letort, présidente de l'université du Mans, a exposé les difficultés financières de l'établissement lors d'une conférence de presse. L'université, qui accueille environ 13 000 étudiants, doit réaliser des économies de 5 millions d'euros d'ici 2029, conformément aux exigences de l'État qui impose un retour à l'équilibre financier.
« Le Ministère a renforcé son contrôle sur le financement des universités, exigeant que la masse salariale ne dépasse pas 83 % des recettes. Actuellement, nous sommes à 85 % », a affirmé Letort. Cette contrainte oblige l'université à prendre des mesures radicales pour réduire ses coûts.
Gel de postes et redéfinition des formations
« Ce n’est pas un plan social », a-t-elle immédiatement précisé pour apaiser les inquiétudes. Pour se conformer aux exigences financières, plusieurs solutions seront envisagées : départs à la retraite non remplacés, gel temporaire de certains postes et recherche de nouvelles recettes via la taxe d'apprentissage. La refonte de certaines formations est également envisagée : « Nous devons examiner les programmes avec des effectifs faibles pour potentiellement les fermer, tout en ouvrant de nouveaux départements répondant à une demande accrue, comme en psychologie où nous avons reçu 2700 demandes pour 80 places », a-t-elle ajouté.
Une situation incertaine pour le personnel
Toutefois, la situation reste préoccupante, avec des syndicats comme la FSU évoquant la menace de 55 postes (15 enseignants et 40 administratifs) dans leur communiqué. Ce chiffre est jugé prématuré par Letort : « Ce n'est qu'une base de travail, rien n'est décidé pour l'instant. Tout dépendra de l'évolution de nos finances. » Elle souligne que l'université a déjà généré des excédents de 330 000 euros en 2025, malgré une baisse significative des subventions d'État : une diminution de 4,9 % entre 2016 et 2024, alors même que les effectifs étudiants ont augmenté de 1000.
Letort met également en lumière l'inégalité de dotation entre les universités françaises. « Avec un peu plus de 7000 euros par étudiant, notre subvention pour charges de service public est inférieure à celle de l'université du Havre, qui reçoit près de 9000 euros pour un établissement de taille similaire. C'est une question que tous les présidents d'université se posent », a-t-elle déclaré.
Un plan prévisionnel pour équilibrer le budget a été proposé au rectorat, et il devrait être soumis à approbation d'ici un mois. Le budget annuel de l'université atteint 100 millions d'euros, et un déficit de 1.6 million d'euros est prévu pour 2026, selon les projections de la présidente.







