Depuis le début de cette année, les affaires de kidnappings associées aux cryptomonnaies sont devenues une priorité pour les enquêteurs spécialisés dans la criminalité organisée en France. Une récente décision de la justice, datée du 27 mars, a conduit à la réunion de trois affaires distinctes dans une investigation globale, suscitant des soupçons de commanditaires communs, comme le rapporte l'AFP.
Cette enquête, qui s'est intensifiée au fil des mois, révèle une similitude dans le mode opératoire des malfaiteurs. Selon une source proche, la juge d'instruction a détecté un schéma commun dans le choix des cibles ainsi que dans l'organisation professionnelle des équipes impliquées, comprenant des exécutants, des logisticiens et des commanditaires.
Les actes de violence qui ont défrayé la chronique incluent, par exemple, l'enlèvement du père d'un investisseur en cryptomonnaies, survenu à Paris le 1er mai, où il a subi des blessures graves après un premier ultimatum de rançon. Au cours de la même période, une tentative d'enlèvement visait également les proches de Pierre Noizat, directeur général de Paymium, mais a été avortée grâce à l'intervention rapide de témoins.
Le nombre total de mis en examen a grimpé à 45 dans ce dossier complexe, illustrant l'ampleur croissante de ces affaires. Romain Chilly, avocat des parties civiles, a exprimé son soutien à la centralisation des enquêtes afin d'identifier des connexions entre les différentes affaires : "C'est une bonne chose de regrouper les procédures où le fil conducteur est clairement le même, mais une avancée plus rapide est nécessaire, surtout avec l'augmentation des attaques ciblant les détenteurs de cryptomonnaies".
L'ampleur du phénomène est corroborée par les actions du parquet anti-criminalité organisée (Pnaco), qui a récemment enregistré plusieurs cas de kidnappings, dont celui d'un couple de septuagénaires à Sallanches, selon des sources judiciaires. Les victimes ont été maltraitées et retrouvées dans un état préoccupant.
Les avocats des suspects, comme Eliott Amzallag, mettent en lumière des dynamiques troublantes, où des jeunes en vulnérabilité seraient manipulés par des stratèges criminels. "Mon client pourrait être un pion dans un dispositif plus large où des commanditaires exploitent des individus en situation de faiblesse," affirme-t-il.
Baptiste Bellet, défenseur d'une de ces personnes impliquées, s'inquiète également des menaces pesant sur sa cliente, qui aurait été contrainte par des individus armés à participer au séquestrage. "Elle n'avait pas d'autre choix," a-t-il insisté, illustrant le climat de peur entourant ces affaires.
À mesure que ces investigations progressent, les ramifications de ces actes particulièrement violents soulèvent des questions profondes sur la sécurité des acteurs du secteur des cryptomonnaies et la nécessité d'une réponse judiciaire rapide et efficace.







