Alors que les tensions montent entre l'Iran et les États-Unis, le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, risque d'indisposer les capitales européennes par son soutien à la ligne américaine. Le Financial Times rapporte que son appel à une mobilisation navale pour sécuriser le détroit d'Ormuz, en accord avec Donald Trump, serait mal reçu au sein de l'Union européenne.
Rutte a exprimé son soutien à la stratégie américaine dans une récente interview accordée à CBS, où il a proposé que les alliés européens s'unissent pour répondre à la demande de Trump du 15 mars. Pourtant, l'Union européenne a pris une orientation totalement opposée. Au lendemain de cette demande, plusieurs États ont clairement refusé d'intensifier leur engagement dans le conflit, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, affirmant : “Ce n’est pas notre guerre”.
Lors du sommet européen des 19 et 20 mars, une déclaration commune a néanmoins signalé une certaine ouverture. Une trentaine de pays, dont plusieurs membres de l'UE, ont exprimé leur volonté de contribuer à la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz, mais sans envisager d'intervention militaire immédiate. “Securiser Ormuz, peut-être – mais surtout pas maintenant”, souligne l'ambivalence de la situation.
“Une situation délicate”
Ce malaise est palpable en coulisses. Un diplomate européen confie au Financial Times : “Cela nous met dans une situation très délicate et inconfortable. Nous désirons montrer notre bonne volonté, mais nous ne sommes en aucun cas en mesure de nous impliquer dans le conflit.”
La tendance de Rutte à se rapprocher de Trump n'est pas une nouveauté. Lors du sommet de l’Otan en juin 2025, il avait même qualifié Trump de “Papa”, une remarque qui avait soulevé des critiques dans plusieurs capitales. Dans son intervention sur CBS, Rutte n'a pas manqué d'affirmer que l'ex-président américain était “crucial” pour la sécurité internationale, justifiant ses décisions concernant l'Iran en indiquant :
“Il fait cela pour que le monde entier soit en sécurité.”
En revanche, les préoccupations de l'Europe semblent axées sur les répercussions économiques du conflit, notamment la flambée des prix de l'énergie. Certaines capitales, dont Paris, commencent à envisager une participation aux patrouilles dans le détroit d’Ormuz, mais cela ne se fera qu'après la résolution du conflit. Ce détroit est stratégique, car environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz y transitent.







