Depuis son arrivée à la tête de la commune, le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est au cœur d'une vive polémique concernant le désarmement de sa police municipale. Cette décision, largement critiquée, suscite des inquiétudes quant à la sécurité publique et à la liberté d'expression des agents territoriaux.
Les premières semaines de son mandat ont été particulièrement tumultueuses. Élu en mars, Bally Bagayoko a aussitôt jeté les bases d'un processus de désarmement de sa police municipale, annoncé sur France 2. Une initiative qui prévoit d'éliminer progressivement les lanceurs de balles de défense (LBD), tout en promettant de maintenir une police de proximité efficace.
Cette annonce a entraîné une forte réaction au sein des effectifs policiers, avec 90 agents demandant leur mutation, selon une source de l'AFP. De nombreux fonctionnaires de la mairie dionysienne semblent également mécontents, avec un nombre croissant de départs signalés.
Des opportunités ailleurs
La ville de Saint-Denis, qui compte environ 150 000 habitants, est équipée d'une police municipale de 160 agents, soutenue par plus de 850 caméras de vidéosurveillance. Suite aux annonces du maire, le Rassemblement National a proposé d'accueillir ces policiers dans des communes où ils pourraient exercer leur métier en toute sécurité et avec reconnaissance. Jordan Bardella, président du RN, a affirmé que les agents désireux de continuer leur mission seraient "soutenus et respectés".
Éric Ciotti, maire de Nice, a également exprimé son intention d'accueillir ces agents et a déjà reçu des candidatures. Il décrit la démarche de Bally Bagayoko comme irresponsable, offrant un refuge à ceux qui souhaitent quitter Saint-Denis en raison de la décision de désarmement.
Une déclaration controversée
Lors d'un passage sur CNews, Bally Bagayoko a clarifié que sa politique ne consistait pas à chasser des agents qui ne seraient pas alignés avec lui, tout en confirmant que ceux qui ne partagent pas sa vision politique pourraient partir. Cependant, cette déclaration n’a pas rassuré les observateurs, et le ministre de l’Action publique a rappelé que les employés municipaux ne peuvent pas être réaffectés en fonction de leurs opinions politiques. Tout licenciement pour motifs politiques pourrait être annulé par le juge administratif.
Bally Bagayoko, influencé par son parcours unique en tant que premier maire LFI d'une grande ville française, a fait face à une vague de critiques et de discriminations racistes depuis son élection. Des propos faussement attribués à lui, tels que qualifier Saint-Denis de "ville des Noirs", ont circulé sur les réseaux sociaux, pourtant il avait simplement déclaré que "Saint-Denis est la ville des rois et du peuple vivant".
Alors que le débat s'intensifie, la ville de Saint-Denis se retrouve à un carrefour entre modernisation de la sécurité publique et tensions internes, un défi que Bally Bagayoko devra naviguer avec prudence.







