Chaque semaine, “Courrier international” dévoile ses choix éditoriaux. Dans son édition disponible dès le 26 mars, le magazine se penche à nouveau sur le conflit en Iran. Avec le risque d'un enlisement et l'envolée des prix du pétrole, Donald Trump a finalement évoqué des pourparlers, une assertion que Téhéran a immédiatement démentie. Qui croire ? L'avenir de cette guerre semble plus incertain que jamais, selon la presse étrangère, qui craint une spirale dangereuse.
Une partie de poker à enjeux élevés : Alors que la guerre en Iran entrait dans sa quatrième semaine, Donald Trump a surpris tout le monde le 23 mars en affirmant qu'il y avait des négociations en cours avec un haut responsable iranien, sans toutefois s'avancer sur son identité. Ce revirement arrive après qu'il a accordé un ultimatum de quarante-huit heures aux Iraniens pour rouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant de frappes en cas de refus. Maintenant, il leur accorde cinq jours supplémentaires.
Comment expliquer ce changement de cap ? Ha’Aretz souligne que ce délai donne à Trump le temps d'évaluer ses options et d'achever le déploiement militaire américain dans la région si les discussions échouent. Le Financial Times évoque aussi ce “changement manifeste de position” dans un contexte de pression croissante pour trouver une issue à ce conflit, exacerbée par la hausse des prix du pétrole.
Dans son approche, Trump donne l'impression de naviguer à vue. Ainsi, il est incertain que l'annonce de pourparlers suffise à empêcher la fuite en avant redoutée par le monde entier. L'analyste Andreas Krieg, sur le site Dawn Mena, note que les États-Unis semblent de nouveau piégés dans une guerre au Moyen-Orient où ni la maîtrise ni la compréhension semblent acquises.
Ce spécialiste du Moyen-Orient affirme que les Américains et les Israéliens ont sous-estimé la détermination d'un adversaire préparé à une guerre d'usure, les Gardiens de la révolution, qui ont développé un réseau complexe pour résister.
Trump finit par réaliser que cette guerre maladroitement planifiée risque de se transformer en un bourbier. Andreas Krieg avertit qu'il sera « impossible de décapiter une organisation formée pour la résilience. »
Du côté israélien, Benyamin Nétanyahou maintient sa ferme position, ne semblant pas envisageable une désescalade. Avec des élections cruciales à venir, sa stratégie de conflit continu est plus déterminée que jamais, au risque d'aggraver la situation.
De plus, les pays du Golfe hésitent à s'engager dans le conflit. Dans L’Orient-Le Jour, Laure-Maïssa Farjallah insiste sur le fait qu'un point de non-retour semble avoir été atteint avec Téhéran, rendant l'escalade inévitable.
Le 24 mars, The New York Times a rapporté que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, incite les États-Unis et Israël à poursuivre leurs efforts contre l'Iran. La fin du conflit semble encore loin.







