Emmanuel Grégoire, représentant d'une gauche unie hors LFI, a été élu maire de Paris avec distinction lors du dernier scrutin. Sa victoire, d'au moins dix points, face à Rachida Dati, souligne sa popularité croissante et marque un deuxième échec consécutif pour la candidate de droite, qui espérait ravir la capitale à la gauche.
Les estimations parlent d'un score d'Emmanuel Grégoire oscillant entre 50% et 53,1%, tandis que Dati, elle, ne parvient qu'à rassembler entre 37% et 40% des voix. La candidate LFI, Sophia Chikirou, se positionne troisième, obtenant entre 8,9% et 12% des suffrages.
"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", a déclaré un Emmanuel Grégoire visiblement satisfait depuis La Rotonde, entouré de ses soutiens. Le député PS et ancien premier adjoint de l’ex-maire Anne Hidalgo voit dans ce succès une "promesse exigeante" pour un "Paris vivant, progressiste et populaire". "Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a-t-il ajouté, alors même que les sondages prédisaient une lutte plus serrée.

Il a promis de "rassembler" et a publié un message d'ouverture envers l'opposition, saluant Rachida Dati pour sa réélection à la tête du VIIe arrondissement. Après son élection, Grégoire a parcouru la ville en Vélib pour se rendre à l'Hôtel de ville, où Anne Hidalgo a salué sa "belle victoire" devant les journalistes.
Quant à Dati, elle a reconnu avoir échoué à convaincre suffisamment les Parisiens que le changement était à la fois possible et nécessaire. Elle a également évoqué les "attaques" dont elle a été victime au cours de la campagne. Les proches de Dati, regroupés devant son QG, ont vécu une véritable désillusion : "Paris méritait l'alternance", a déclaré une de ses soutiens, tandis qu'une autre, visiblement affectée, a confié : "Je suis dévastée".
Du côté des Insoumis, l'atmosphère était tout autre. Sophia Chikirou a exprimé sa satisfaction face au résultat qui, selon elle, témoigne d'un "rejet fort de la droite" et se réjouit de l'entrée de plusieurs élus LFI au Conseil de Paris, marquant une avancée pour son mouvement.
Un retrait marquant a également eu lieu chez la droite, avec Sarah Knafo, candidate d'extrême droite, qui, après avoir proposé une alliance, s'est désistée pour "faire battre la gauche", entraînant ainsi des critiques sur le manque de soutien au sein de sa propre coalition. Emmanuel Grégoire a utilisé ce retrait pour lancer une accusation selon laquelle Dati était devenue "la candidate de l'extrême droite".
La prime majoritaire instaurée, qui octroie un bonus de 25% des sièges au candidat arrivé en tête dans ce scrutin proportionnel, a également été un sujet de débat. Avant la réforme de la loi PLM adoptée au mois d'août dernier, cette prime s'élevait à 50%. Grégoire, ayant dépassé les 33,6% des voix, est assuré d'une majorité absolue au Conseil qui compte 163 conseillers. L'élection formelle du maire aura lieu le dimanche 29 mars.







