À l'occasion de l'annonce du nom de son futur porte-avions de nouvelle génération, prévu pour 2038, Emmanuel Macron a suscité l'attention… pour une gaffe linguistique. Il a désigné le bâtiment sous le nom de « le France libre », alors que selon la tradition, il devrait être appelé « la France libre ».
Lors d'une visite sur le site de Naval Group à Indret, près de Nantes, le président a déclaré, le 18 mars dernier : « Notre nouveau porte-avions portera le nom de 'France Libre' », avant d'ajouter : « Vive la République, vive la France, vive le 'France Libre' ! » Ces mots ont rapidement été critiqués par l’Académie française.
Dans une réaction publiée sur leur site, l'institution culturelle a expliqué que l'erreur résidait dans l'accord de l'article avec le genre qui suit : « La tradition typographique dans la Marine nationale veut que l’article s’accorde avec le genre qui suit, donc on devrait dire la France Libre. »
Une tradition de la Marine nationale
Contrairement à la marine marchande, où l’on utilise des dénominations telles que « le Normandie » ou « le France », les bâtiments militaires respectent cette règle stricte établie par le Lexique de l'Imprimerie nationale : « l'article qui précède le nom propre français prend le genre de celui-ci. » Cette directive était déjà intégrée dans des circulaires ministérielles datées de 1934 et 1955, approuvées par l’Académie française et l’Académie de marine.
Des experts, comme Nicolas Mioque, spécialiste de l’histoire maritime, signalent que l'usage pourrait évoluer avec le temps : « Après tout, l’usage peut changer et les traditions évoluer. » Il rappelle que, par exemple, le paquebot France a également dû faire face à des mises à jour de terminologie.
Cette petite mésaventure linguistique a ainsi relancé le débat sur la rigueur et l'évolution de la langue française dans les institutions officielles, provoquant des réactions variées dans les médias et au sein du public, notamment sur des plateformes comme [Valeurs Actuelles](https://www.valeursactuelles.com/).







