La France et l'héritage troublant de la Terreur

Une réflexion sur la continuité de la violence politique en France depuis 1793.
La France et l'héritage troublant de la Terreur
Pierre Vermeren © Hannah Assouline

La Terreur de 1793 a ouvert la voie à une acceptation de la violence comme moyen légitime d'écraser l'opposition politique. Ce phénomène n'est pas seulement un vestige du passé : il trouve des échos dans les pratiques de certaines figures politiques contemporaines, notamment au sein de la France Insoumise (LFI).

Le cadre politique français, façonné par la Terreur, se distingue par deux éléments clés : d'une part, une légitimation de la violence par le pouvoir et, d'autre part, l'existence persistante d'un groupe révolutionnaire qui se réclame de cet héritage, renouvelant ses pratiques au fil des siècles. La Révolution française a en effet connu deux facettes : la première, celle de 1789, marquée par des aspirations libérales, et la seconde, celle de 1793-1794, où la radicalité a prévalu.

Sartre et la nécessité de la violence

Jean-Paul Sartre, en tant qu'héritier des idées révolutionnaires, a explicitement soutenu que pour assurer la survie d'un régime révolutionnaire, des exécutions étaient nécessaires : « Un régime révolutionnaire doit se débarrasser d’un certain nombre d’individus qui le menacent... ». Quelque 35 000 à 40 000 morts ont été recensés durant cette période, sans compter les atrocités liées au génocide vendéen, une partie de l’histoire souvent relativisée en France.

Aujourd'hui, des groupes qui prônent une violence politique continuent de jouer un rôle actif sur la scène politique. Ce constat soulève des dilemmes sur la manière dont la mémoire historique est enseignée et intégrée dans la société moderne. La véritable nature de certaines figures de l'histoire, comme Lénine ou les révolutionnaires de 1793, reste sujette à controverse.

Avec l'évolution du contexte culturel et politique, il est essentiel de se rappeler que la violence n’est pas l’apanage d’un seul régime ou d’une seule époque; elle se manifeste sous différentes formes et est parfois même célébrée dans l'imaginaire collectif. Michel Onfray et d'autres ont pu rappeler la continuité de cette pensée tumultueuse qui, à droite comme à gauche, persiste via les héritiers du mouvement révolutionnaire.

Une marque indélébile sur la société

La violence politique, même au sein d'une nation qui a tant évolué, n’a pas disparu. Les partis politiques français actuels, dont certains ont des racines dans la pensée révolutionnaire, continuent à offrir et à justifier une politique de confrontation. Comme le souligne Pierre Vermeren, le Parti communiste français, le trotskisme et d'autres formations continuent d’influencer le débat public sans que les élites ne parviennent à digérer cet héritage.

Emmanuel Macron, au cours de son mandat, n'a pas réussi à apaiser cette violence latente, certains observateurs insistant sur le fait que ses stratégies pourraient même contribuer à la renforcer.

La Terreur a, donc, assuré la transition vers la modernité en restant un outil d'oppression politique et en façonnant les bases de ce que nous connaissons aujourd'hui comme les formes contemporaines de radicalité politique. Cette période controversée et ses conséquences doivent être analysées avec soin pour comprendre la continuité de la violence politique aujourd'hui.

Les résonances de la violence révolutionnaire se manifestent non seulement dans le contenu des discours politiques, mais aussi dans les réactions violentes qui les suivent. Quand on observe les événements récents, tels que la vague de violences en 2026, on ne peut s'empêcher de faire le lien avec cette longue histoire de conflit.

Il est crucial d'examiner comment ces traditions héritées se manifestent aujourd'hui dans le comportement collectif, entre les échos de la Terreur et la dynamique actuelle au sein de la jeunesse militante. Alors que des mouvements comme LFI prennent position sur des luttes sociales, le lien entre antisémitisme, lutte des classes, et héritage révolutionnaire mérite d'être réévalué.

En conclusion, l'héritage de la Terreur demeure un sujet délicat qui mérite une réflexion approfondie. Alors que la France continue de naviguer à travers les défis politiques modernes, il est impératif d'affronter et de comprendre cette partie intégrante de son histoire pour forger un avenir plus éclairé.

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