Ce dimanche, lors du second tour des élections municipales à Marseille, la question brûlante est de savoir si le taux d'abstention va une nouvelle fois battre des records. Dans les dernières heures de la campagne, un collectif dévoué s'investit pour encourager la participation dans les quartiers les plus défavorisés de la ville.
Le scrutin précédent a révélé un taux d'abstention de 48,16 % à Marseille, un chiffre qui dépasse quatre points la moyenne nationale. Les enjeux locaux touchent le quotidien des Marseillais, abordant des questions cruciales comme la gestion des écoles. Cette désaffection est particulièrement marquée dans les arrondissements les plus en difficulté, où l'abstention atteint des niveaux alarmants, variant entre 59 et 61 %.
De nombreux facteurs expliquent ce désintérêt : un personnel politique souvent perçu négativement, un sentiment d'inaction des élus, et une conjoncture économique qui exacerbe le désenchantement. Ainsi, de nombreux électeurs préfèrent se rester chez eux plutôt que de se rendre dans un bureau de vote.
« Ils pensent tous avant tout à leur propre intérêt »
Dans le 15e arrondissement, la cité Consolat illustre ce phénomène. Un père de famille de 35 ans, Amir, confie : « Il n’y a rien qui change, donc c'est juste pour moi des personnes qui prennent la place d'autres. Ils pensent à leurs propres intérêts. C'est des carriéristes, et ce dimanche, je n’irai pas voter non plus. »
À la cité de la Castellane, Moussa admet qu'il n'a jamais voté, déclarant que pour lui, les promesses des candidats ne se concrétisent jamais. Même dans le quartier de l'Estaque, le dernier scrutin a vu un taux d'abstention de 63 %.
Sofiane, le patron d'une poissonnerie, partage son désintérêt : « Ça ne m'intéresse pas. Que ce soit l'un ou l'autre, il n'y a jamais d'avancée. Je préfère passer du temps avec ma fille. Ils ne viennent qu’une fois pour les élections, et c’est tout. »
« Il faut lutter contre cette abstention... les municipales, c'est de la proximité »
Face à cette réalité, le collectif KGBS lutte activement contre l'abstention depuis plusieurs semaines, concentrant ses efforts dans les cités de Marseille. Salim Siouani, un des membres fondateurs, exprime sa déception face aux derniers chiffres : « Les gens se sentent de moins en moins représentés et écoutés. »
Zamir Nahouza, également membre du collectif, insiste sur l'importance de l'engagement local : « C'est le moment des municipales et c'est là que le petit changement peut se faire avec un vote pour nos maires de secteurs. » Ces témoignages illustrent un défi majeur : restaurer la confiance des électeurs envers leurs représentants et inciter à la participation électorale.







