Récemment à Marseille, près de 50% des électeurs ont choisi de ne pas participer au premier tour des élections municipales, avec un taux de participation de 52,18%. Des chiffres alarmants qui soulignent un désengagement manifeste, particulièrement dans les quartiers nord, où l'abstention frôle des niveaux records.
Dans le 14e arrondissement, pour 33.691 électeurs inscrits, 20.701 se sont abstenus, traduisant un taux de 61,44%. Pendant ce temps, le 15e arrondissement atteint un impressionnant 63,99% d'abstention sur 40.474 inscrits. Cette réalité met en lumière un sentiment d'abandon parmi les citoyens, selon Kader Benayed, membre du collectif KGBS, qui se mobilise pour amener les habitants à voter.
Un désenchantement palpable
Le territoire des quartiers nord de Marseille, mélange de vieux noyaux villageois et de grands ensembles, présente un tableau complexe du paysage électoral. « Les gens se sentent abandonnés », déclare Kader Benayed, expliquant que de nombreux électeurs perçoivent les promesses politiques comme des discours vides, souvent oubliés après les élections. « Certains me disent que voter ne changera rien à leur quotidien », rapporte-t-il.
Alberto, résident de la cité Bourrely, partage ce constat. Bien qu'il ait longtemps été apathique, il a trouvé une motivation pour participer aux élections grâce à ses interactions avec d'autres membres du collectif. « Nous avons la chance d’avoir un droit de vote. C'est essentiel de ne pas le négliger », souligne-t-il.
Une population jeune et fragilisée
Une enquête récente d'Ipsos/BVA révèle que l'abstention concerne principalement les jeunes, avec 56% chez les moins de 25 ans et 60% chez les 25-34 ans. De plus, des 44% de la population vivant sous le seuil de pauvreté dans le 15e arrondissement, de nombreux habitants doutent de l'impact de leur vote sur leur vie quotidienne.
« Les quartiers qui ont le moins de voix sont souvent ceux qui manquent de visibilité politique », s'inquiète Kader Benayed. Il évoque des situations où les défaillances de service public, comme l'absence de bus après 21 heures, exacerbent cette déconnexion entre élus et électeurs.
Malgré ce tableau préoccupant, des initiatives locales continuent d'émerger. « Si nous parvenons à convaincre une seule personne de voter, c’est une victoire », exprime avec enthousiasme un membre du collectif. Reste à voir si ces efforts pourront inverser la tendance d’un désenchantement électoral croissant.







