À la suite de sa consécration à la tête de la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko, élu dès le premier tour avec 50,77 % des voix le 15 mars, se retrouve confronté à un déferlement d'attaques racistes, tant sur les médias traditionnels que sur les réseaux sociaux. Dans une déclaration à L'Humanité, il a exprimé sa consternation face à cette situation : « Nous sommes tout ce que l’extrême droite déteste. »
Malgré la victoire, au lieu de célébrations, Bagayoko doit faire face à des allégations teintées de xénophobie. Invité sur LCI, il a rappelé avec ferveur que Saint-Denis est, selon lui, « la ville des rois et du peuple vivant. » Ce commentaire, inspiré d'une citation du poète Jean Marcenac, a pourtant été mal interprété par certains, suscitant des réactions virulentes dans l'extrême droite.
Gilbert Collard, ancien député du Rassemblement National, a notamment tweeted : « Rochebin dit au nouveau maire de Saint-Denis “c’est la ville des rois”, il répond “c’est la ville des noirs” ! Où est le racisme ? » Ce sentiment s’est propagé sur d’autres médias, comme BFM TV, où Tugdual Denis, directeur de Valeurs actuelles, a insinué que Bagayoko n’avait pas gagné sans l’aide de narcotrafiquants.
« La meilleure réponse : le calme et le vote »
Le discours de soutien à Bagayoko s'est amplifié. Sofia Boutrih, sa colistière du PCF, a déclaré : « La meilleure réponse que nous pouvons leur apporter, c’est le calme et le résultat des urnes, de la démocratie. » Les députés Stéphane Peu et Manuel Bompard l'ont réitéré, condamnant vigoureusement le racisme ambiant, comme l’a souligné Bompard : « Le racisme crasse tranche avec la dignité absolue de Bally Bagayoko. »
Cette élection à Saint-Denis, une ville riche de 150 nationalités, voit donc un jeune maire déterminé à promouvoir une vision inclusive de la République française, face à une vague de réactions qui révèle les fractures de la société.







