À quelques jours du second tour des élections municipales, les candidats à la mairie de Paris se sont livrés à un débat agité sur BFMTV et Le Figaro TV, mercredi 18 mars.
Dès l'entame du débat, les échanges se sont révélés vifs et intenses. Rachida Dati n'a pas tardé à pointer du doigt Emmanuel Grégoire, l'accusant de porter la lourde responsabilité du « bilan désastreux » d'Anne Hidalgo, évoquant même un scandale pédocriminel en lien avec le périscolaire dont il serait, selon elle, l'instigateur.
Emmanuel Grégoire, représentant la gauche unie hors LFI, a répliqué en désignant Sophia Chikirou comme sa véritable adversaire, tout en maintenant une distance avec elle après avoir refusé d'envisager une alliance. Chikirou a alors ironisé sur l'attitude de Grégoire, citant une comparaison inquiétante avec l'histoire politique française.
Après le retrait de Sarah Knafo, Grégoire a vivement critiqué Dati, insinuant que son retrait avait été orchestré pour soutenir son propre parcours politique, ajoutant : "C’est une rupture historique, comparable à l'élection de Jacques Chirac avec le soutien de Jean-Marie Le Pen."
La sécurité, au cœur des préoccupations
Le débat a mis en lumière la question cruciale de la sécurité. Rachida Dati s'est exprimée en faveur d'une augmentation significative des caméras de surveillance, visant à « chasser l'insécurité » à Paris, qu'elle juge à un niveau alarmant. Elle propose d'implanter jusqu'à 8000 caméras pour protéger les rues de la capitale.
En revanche, Sophia Chikirou a plaidé pour la création de brigades spécialisées, notamment pour l'accueil des touristes et la prévention des violences sexistes. Son approche se veut plus humaine, ciblant des problématiques spécifiques liées à la sécurité publique.
De son côté, Emmanuel Grégoire critique ouvertement les projets de Dati, les qualifiant de déconnectés de la réalité. Il milite pour une police municipale de proximité dotée de moyens adaptés, tout en restant opposé à l'usage d'armes létales, une position également partagée par Chikirou.
Sophia Chikirou finalement invitée
Inattendue mais finalement présente, Sophia Chikirou a rejoint Emmanuel Grégoire et Rachida Dati sur le plateau, bien que son absence initiale ait suscité des réactions au sein de La France insoumise et qu'une plainte ait été déposée auprès du régulateur de l'audiovisuel concernant son exclusion.
Les téléspectateurs ont ainsi assisté à ce premier débat télévisé entre ces candidats majeurs, qui s'est tenu dans un contexte où les chaînes se doivent de respecter l'équilibre des temps de parole, comme l’a rappelé BFMTV.
Une chance pour Rachida Dati ?
Le résultat du premier tour, où Emmanuel Grégoire l’a emporté avec 37,98 % des voix contre 25,46 % pour Dati, a indéniablement placé cette dernière dans une position délicate. Cependant, une fusion de listes annoncée par Pierre-Yves Bournazel avec Rachida Dati et le désistement de Sarah Knafo pourrait courtiser de nouveaux électeurs et redynamiser ses chances au second tour.
Alors que Dati reste déterminée à ne pas s'allier avec Knafo, le maintien de Chikirou dans la course pourrait compliquer son ascension, laissant planer un air d'incertitude sur le déroulement de ce dernier acte électoral. Le choix des électeurs à Paris se révélera décisif.







