Mathilde Durand
L'essentiel
- Au lendemain du premier tour des élections municipales, les discussions autour des fusions de listes se multiplient.
- Les électeurs se laisseront-ils influencer par ces nouvelles configurations ?
- Les sondages indiquent des tendances partisans, mais la réaction dépendra fortement des dynamiques locales, souligne Adélaïde Zulfikarpasic, directrice d'Ipsos BVA.
Toulouse, Lyon, Paris, Strasbourg… dans plusieurs municipalités françaises, des ententes entre candidats apparaissent après le premier tour des élections municipales.
Mardi, c'était la dernière opportunité pour déposer les listes en vue du second tour. Les électeurs suivront-ils cette recomposition des candidatures lors de leur vote ?
Sensibilités partisanes
Adélaïde Zulfikarpasic analyse : « Une position de principe existe, mais les disparités sont marquées selon les groupes électoraux. » Un sondage effectué le jour du vote pour France Télévisions montre que 89 % des sympathisants de LFI soutiennent une fusion, alors que ce taux chute à 51 % pour EELV et 36 % chez les sympathisants du PS.
Si dans des villes comme Paris ou Marseille, aucune alliance n'a été conclue entre LFI et les autres groupes de gauche, la tendance se reflète également à droite où 64 % des électeurs de Les Républicains sont favorables à une alliance avec le Rassemblement National.
Configuration locale
La dynamique locale joue un rôle crucial. Zulfikarpasic souligne que des exemples concrets comme Pierre-Yves Bournazel à Paris, qui a accepté de se retirer pour fusionner avec la liste de Rachida Dati, démontrent qu'un électorat ne suit pas systématiquement un candidat par simple alliance.
« La décision de vote évolue fortement en fonction du candidat et de la perception de l'alliance. Une partie des électeurs de Bournazel aurait pu s'abstenir de voter Dati, par exemple », précise Zulfikarpasic.
Individualisation du vote
Vincent Tiberj, sociologue à Sciences Po Bordeaux, constate que « nous sommes passés d'une logique de vote collectif vers une individualisation des choix électoraux », nerveusement alimentée par les fusions de listes et les configurations locales.







