La participation de Renaissance aux municipales 2026 s'est révélée discrète. Avec seulement 360 têtes de liste, le parti a très peu investi les grandes villes, contrait par l'absence d'ambition décentralisatrice, comme l'affirme le politologue Jean Petaux.
Alors que le Parti socialiste et le Rassemblement national ont respectivement présenté 1.306 et 601 candidats, Renaissance a choisi de se concentrer sur les communes de moins de 20.000 habitants. Le week-end dernier, Gabriel Attal, ministre et figure du parti, a célébré des victoires dans une centaine de petites communes, mais la réussite semble se cacher derrière une stratégie prompte à éviter les défaites.
Les résultats sont révélateurs : avec à peine 24 listes dans des villes de plus de 30.000 habitants et seulement cinq dans celles de plus de 100.000, comme Toulouse et Bordeaux, Renaissance semble avoir fait le choix de s'exempter des batailles urbaines. La réaction de Gabriel Attal, précisant que son parti refuse « la guéguerre politicienne », ne fait qu'accentuer cette impression de retrait.
Difficultés à Bordeaux et Annecy
Dans les grandes villes, l'ancrage de Renaissance apparait fragilisé. À Metz, le député Ludovic Mendes a été disqualifié du premier tour avec un score catastrophique de 4,77%. À Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc fait face à une forte concurrence à gauche, tandis qu'à Lille, Violette Spillebout a juste réussi à se qualifier pour le second tour.
A Bordeaux, Thomas Cazenave, ancien ministre, a vu ses aspirations assombries par le désistement inattendu de Philippe Dessertine, ce qui complique davantage la situation. Cependant, dans la ville d’Annecy, Antoine Armand, ex-ministre de l’Économie, semble tirer son épingle du jeu et pourrait bénéficier d'un désistement dans sa course.
Les analystes s’accordent à dire que Renaissance souffre d'un manque de figures locales charismatiques, contrastant avec d'autres partis comme Horizons ou le Modem. Jean Petaux note que le parti a été conçu pour porter Emmanuel Macron à la présidence, et que son rôle crucial semble désormais obsolète.
La situation des macronistes aux municipales de 2026 pourrait donner un avant-goût des défis à venir pour 2027, marquant ainsi un tournant potentiel pour le paysage politique français.







