Les élections municipales ne se limitent pas uniquement au renouvellement des conseils municipaux. À Toulouse et dans ses environs, c'est également la composition du conseil métropolitain qui est en jeu. Pas moins de 130 sièges attendent de nouveaux élus. C'est donc un double scrutin qui attend les électeurs ce dimanche, impliquant non seulement le conseil municipal, mais également celui de la métropole.
Avec une métropole regroupant 37 communes et 806 503 habitants, les implications de ce choix vont bien au-delà du simple détail administratif. L'enjeu est aussi d'ordre politique. François Piquemal, représentant de La France Insoumise, a promis à son partenaire socialiste, François Briançon, la présidence de l'institution en cas de victoire, témoignant ainsi de la complexité et de l'importance de cette élection.
Un budget de 2,1 milliards d'euros
La métropole de Toulouse gère un budget de 2,1 milliards d'euros et une multitude de compétences essentielles, telles que les transports, y compris la troisième ligne de métro, ainsi que l'aménagement urbain, la voirie, l'eau et l'assainissement. L'un des défis majeurs qui attend la nouvelle assemblée sera sans aucun doute le financement de la future ligne à grande vitesse LGV Toulouse/Bordeaux.
Chaque commune de la métropole est représentée avec un poids qui varie selon sa population. Ainsi, Colomiers aura droit à huit élus, tandis que Blagnac ou Tournefeuille en auront cinq, et l'Union se contentera de deux luzs. Ce système vise à garantir que toutes les voix soient entendues et que les intérêts locaux soient défendus au niveau métropolitain.
Deux modes de désignation
Pour élire ces conseillers métropolitains, il existe deux méthodes. "Dans les communes de moins de 1 000 habitants, c'est dans l'ordre du tableau de l'élection municipale", explique Cécile Regourd, maître de conférences en droit public à l'université Capitole de Toulouse. Dans les autres communes, les électeurs voteront pour deux listes distinctes sur un même bulletin : l'une pour le conseil municipal et l'autre pour le conseil métropolitain.
Bien que Toulouse ait le plus grand nombre de sièges, cela ne garantit pas une domination totale. En effet, même si le parti gagnant obtient une majorité, les autres élus se partagent le reste des sièges, rendant ainsi nécessaires les alliances avec les autres communes pour former un gouvernement efficace.
Un pacte de gouvernance
Jean-Luc Moudenc, maire sortant, avait déjà opté pour une stratégie d'alliance en 2020, établissant un "pacte de gouvernance" avec des élus indépendants et socialistes. Cette approche a été couronnée de succès, permettant un équilibre dans la gestion de la métropole.
Cette dynamique politique pourrait cependant être remise en question dès la prochaine mandature. Moudenc, s'il est réélu, a l'intention de proposer un renouvellement de son pacte pour poursuivre les projets en cours. De leur côté, les candidats de gauche, unis dans un accord, ont planifié que Piquemal prendrait la mairie tandis que Briançon briguerait la présidence de la métropole.
Alors que les élections se profilent, la composition de ce nouveau conseil métropolitain commence déjà à prendre forme. Sur les 37 communes, 33 ont déjà désigné leurs maires et leurs conseillers métropolitains. Seules Toulouse, Tournefeuille, Cugnaux et Launaguet devront voter à nouveau, pour un total de 75 sièges encore à pourvoir.







