Peu après avoir annoncé sa "fusion démocratique" avec La France Insoumise (LFI), la maire de Nantes, Johanna Rolland, se retrouve au cœur d'une tempête politique. Son concurrent de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe, ne cache pas son indignation. Il qualifie ce ralliement de "choix de la honte" et évoque un "moment grave pour la démocratie et Nantes".
Chombart de Lauwe, qui a obtenu 33,77% des voix contre 35,24% pour Rolland au premier tour, reproche à cette dernière de "franchir une ligne rouge" en s'associant à un parti qu'il qualifie de "violent" et "antisémite". Avec un soutien de LFI ayant recueilli 11,20% des suffrages au premier tour, Chombart s'inquiète des conséquences que cette alliance pourrait avoir sur l'équilibre des pouvoirs à Nantes.
Une décision qui fait tache d'huile
Alors que plusieurs candidats socialistes comme ceux de Marseille ou Montpellier refusent de s'allier à LFI, Rolland choisit une approche différente. "D'autres n'ont pas franchi cette ligne rouge. Elle si," tonne Chombart, qui prédit que cette alliance risque de ternir l'image de Nantes.
Rolland, vice-présidente du Parti Socialiste, rappelle néanmoins que ce choix a été fait pour lutter contre la montée des extrêmes, évoquant une "union pour faire barrage aux droites ultraconservatrices". Pourtant, cette décision laisse perplexe certains observateurs de la vie politique locale.
Des critiques d'une partie de la gauche
L'opinion de Sarah El Haïry (MoDem), qui se présente aux côtés de Chombart, est tout aussi tranchée : "Cette alliance va rendre la mairie ingérable". Elle craint que la promesse de dix sièges pour LFI en cas de victoire empêche toute avancée significative pour Nantes.
En parallèle, Mounir Belhamiti, ancien député Renaissance, qui a recueilli près de 10.000 voix au premier tour, reste en dehors de la bataille. Aucune consigne de vote ne sera donnée à ses électeurs, mais Chombart espère capter une partie de son électorat, en prônant la nécessité d'un projet clair pour le franchissement de la Loire.
"Nantes n'est pas un cas isolé", résume Chombart. La dynamique politique locale pourrait bien redéfinir les choix des Nantais lors du scrutin final.







