Nantes en émoi : l'alliance de Johanna Rolland avec LFI suscite la controverse

La maire de Nantes face à une opposition virulente après son alliance avec LFI.
Nantes en émoi : l'alliance de Johanna Rolland avec LFI suscite la controverse
Sarah El Haïry (Modem) et Foulques Chombart de Lauwe (LR), entourés de leurs colistiers Guillaume Richard (Horizons) et Valérie Oppelt (Renaissance). © Radio France - Céline Loizeau

Peu après avoir annoncé sa "fusion démocratique" avec La France Insoumise (LFI), la maire de Nantes, Johanna Rolland, se retrouve au cœur d'une tempête politique. Son concurrent de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe, ne cache pas son indignation. Il qualifie ce ralliement de "choix de la honte" et évoque un "moment grave pour la démocratie et Nantes".

Chombart de Lauwe, qui a obtenu 33,77% des voix contre 35,24% pour Rolland au premier tour, reproche à cette dernière de "franchir une ligne rouge" en s'associant à un parti qu'il qualifie de "violent" et "antisémite". Avec un soutien de LFI ayant recueilli 11,20% des suffrages au premier tour, Chombart s'inquiète des conséquences que cette alliance pourrait avoir sur l'équilibre des pouvoirs à Nantes.

Une décision qui fait tache d'huile

Alors que plusieurs candidats socialistes comme ceux de Marseille ou Montpellier refusent de s'allier à LFI, Rolland choisit une approche différente. "D'autres n'ont pas franchi cette ligne rouge. Elle si," tonne Chombart, qui prédit que cette alliance risque de ternir l'image de Nantes.

Rolland, vice-présidente du Parti Socialiste, rappelle néanmoins que ce choix a été fait pour lutter contre la montée des extrêmes, évoquant une "union pour faire barrage aux droites ultraconservatrices". Pourtant, cette décision laisse perplexe certains observateurs de la vie politique locale.

Des critiques d'une partie de la gauche

L'opinion de Sarah El Haïry (MoDem), qui se présente aux côtés de Chombart, est tout aussi tranchée : "Cette alliance va rendre la mairie ingérable". Elle craint que la promesse de dix sièges pour LFI en cas de victoire empêche toute avancée significative pour Nantes.

En parallèle, Mounir Belhamiti, ancien député Renaissance, qui a recueilli près de 10.000 voix au premier tour, reste en dehors de la bataille. Aucune consigne de vote ne sera donnée à ses électeurs, mais Chombart espère capter une partie de son électorat, en prônant la nécessité d'un projet clair pour le franchissement de la Loire.

"Nantes n'est pas un cas isolé", résume Chombart. La dynamique politique locale pourrait bien redéfinir les choix des Nantais lors du scrutin final.

Lire aussi

Un moment symbolique à Lyon : Jean-Michel Aulas remet l'écharpe de maire à Grégory Doucet
Jean-Michel Aulas remet l'écharpe de maire à Grégory Doucet, suivi d'une passation discutée. Découvrez les enjeux de cette transition à Lyon.
27 mars
La cote de confiance d’Emmanuel Macron grimpe en mars malgré des tensions internationales
Découvrez comment la cote de confiance d'Emmanuel Macron a évolué en mars, atteignant 32%.
27 mars
Les nouvelles délégations de la métropole de Lyon : qui sera en charge des principaux postes ?
Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, a récemment nommé 25 vice-présidents. Qui sont-ils et quelles seront leurs responsabilités ?
27 mars
La Nouvelle-Aquitaine à la pointe de la lutte contre l'endométriose
À l'occasion de la journée de l'endométriose, découvrez comment la Nouvelle-Aquitaine met en œuvre des actions innovantes pour la prévention et le diagnostic de cette maladie.
27 mars
Les leçons du chaos : la stratégie de Trump et le Moyen-Orient en péril
L'analyse des conséquences de la politique de Trump au Moyen-Orient, entre chaos et réalités, à la lumière des récents événements.
27 mars
Le maire de Saint-Denis face au désarmement de la police : une décision controversée
Découvrez les tensions autour du désarmement de la police municipale à Saint-Denis par le maire LFI Bally Bagayoko. Une situation qui soulève de nombreuses demandes de mutation et des critiques.
27 mars