Le premier tour des municipales a vu la liste d’union de la droite, dirigée par Julien Bonny, prendre l’avantage, devançant celle du maire sortant socialiste, Olivier Bianchi. En préparation du second tour, ce dernier a conclu un "accord technique" avec La France insoumise.
À Clermont-Ferrand, la dynamique change. Alors que la droite et le centre, emmenés par Julien Bonny, ont obtenu 33,92 % des voix lors du premier tour du 15 mars, Olivier Bianchi et son équipe ont récolté seulement 29,99 %. Marianne Maximi, députée LFI, a rassemblé 17,01 %, tandis qu’Antoine Darbois du Rassemblement National a ou pu fédérer des voix avec 11,29 %. Cette situation ne s’est pas vue depuis la Libération et pousse la gauche à s’organiser.
Dans la foulée du scrutin, Bianchi et Maximi ont officialisé un "accord technique" en vue du deuxième tour prévu le 22 mars, avec une liste fusionnée promettant 13 places éligibles pour LFI. Julien Bonny a dénoncé cette manœuvre, la qualifiant de "magouille".
Une gauche dispersée face à l'ascendance de la droite
Ce premier tour a vu six listes se disputer les voix. Bianchi, au pouvoir depuis 2014, mène une coalition qui inclut écologistes et radicaux, tandis que Marianne Maximi représente LFI. Au centre, Yannick Cartaillier s'est présenté sans étiquette. La liste de Julien Bonny est soutenue par Les Républicains, MoDem, Renaissance et l'UDI, alors qu’Antoine Darbois, candidat du RN, fait une entrée remarquée dans cette commune traditionnellement à gauche.
Le RN, une menace grandissante
Le score du RN était particulièrement surveillé, étant donné que Clermont-Ferrand est à gauche depuis 1919. Cependant, son ascension est évidente : après un modeste 5,38 % lors des municipales de 2020, le parti d'extrême droite a progressé à 19,96 % lors des élections européennes, dépassant l'union de gauche portée par Raphaël Glucksmann, qui n'a obtenu que 19,21 %. Lors des législatives anticipées, Marianne Maximi avait pourtant recueilli près de 43,24 % dans sa circonscription, montrant une lutte franche contre le RN, qui avait atteint 29,67 % au second tour.
Antoine Darbois, bien que peu connu de l’électorat clermontois, a été l’élément central de cette campagne, ayant été conseiller municipal à Gerzat. Julien Bonny a, quant à lui, rejeté toute possibilité d'alliance avec le RN, comme il l’a indiqué dans le Monde, déclarant : "Je ne vais pas discuter avec des fantômes. De 2014 à 2020, le Front national avait trois sièges au conseil municipal et ils ne sont jamais venus !"
Retrospective sur les résultats de 2020
En 2020, Olivier Bianchi a été réélu avec 48,41 % des voix au second tour, battant l’union des candidats Jean-Pierre Brenas (LR) et Éric Faidy (LREM) qui avaient obtenu 36,50 %. Marianne Maximi avait, quant à elle, réalisé une performance respectable avec 15,08 %, permettant à son parti d'obtenir quatre sièges au conseil municipal. Malgré le soutien de figures nationales du parti, son avance n'avait pas suffi à faire basculer la commune.







