Le candidat du Rassemblement National, Franck Allisio, a enregistré un score exceptionnel de 35 % au premier tour des élections municipales à Marseille, s'approchant du maire sortant Benoît Payan, qui a obtenu 36,7 %. Sur le terrain, l’enthousiasme est mitigé. Les Marseillais font état d’un résultat attendu face au report des voix de la droite classique vers le RN dans une ville marquée par sa fragmentation.
Réactions sur les réseaux sociaux, telles que celle d'une internaute choquée qui s’interroge sur le racisme à Marseille, abondent. Pourtant, certains observateurs, comme Josiane, une électrice de gauche, évoquent la nécessité pour les électeurs ayant quitté la droite de se tourner vers le RN. "Fallait bien que les électeurs qui ont déserté la droite classique aillent quelque part," déclare-t-elle.
La surprise d'un outsiders
Pour Marceau, un nouvel arrivant dans la ville, la situation semble déroutante. "Je ne sais pas vraiment comment on en est arrivés là," admet-il. Un ami de Paris, Jocelyn, partage son avis, notant que la montée du RN se ressent à l'échelle nationale. Avec des résultats précédents, comme aux législatives partielles de 2024 où le RN avait atteint près de 48 %, cette ascension politique aurait pu être pressentie.
Robert, un habitant de Marseille, souligne que la dégradation de la ville était prévisible. "Tout se dégrade. Le socialisme, c’est le laxisme. Ça changera un peu," conclut-il. D'autres, comme Feriel, espèrent un revirement : "Marseille, c’est l’immigration, ça ne peut pas être l’extrême droite," se persuade-t-elle.
Mobilisations en faveur de l’unité de la gauche
Le taux de participation s’est établi à 52,18 %, un chiffre inférieur à d'autres grandes villes, avec des divisions apparentes selon les quartiers. Les districts populaires, souvent composés d'habitants issus de l'immigration, affichent des taux de participation alarmants, plafonnant à 35 % dans certains secteurs.
En effet, alors que Benoît Payan a annoncé sa liste pour le second tour, refusant toute alliance avec La France Insoumise, cela provoque un émoi parmi une partie de la gauche. Près de 500 personnes se sont mobilisées devant la mairie pour réclamer une fusion des listes de gauche, évoquant un besoin d'unité face à la montée du RN. "Je ne sais pas trop à quoi il joue si ce n’est avec le feu," s'inquiète Margot, une jeune électrice, partageant un sentiment d’inquiétude croissant.
Ce rassemblement a été organisé par le collectif "Faisons front commun", qui a pour objectif de convaincre Payan de revoir sa stratégie. La dynamique de cette élection s'annonce donc tendue, alors que l'avenir du conseil municipal pourrait bien dépendre de l'issue du second tour.







