Johanna Rolland, maire sortante PS de Nantes, se trouve à un carrefour crucial à l'approche du second tour des municipales. Avec 35,24 % des voix, elle est talonnée par Foulques Chombart de Lauwe, candidat des Républicains, qui a obtenu 33,77 %, formant une large coalition allant du MoDem à Horizons.
Derrière, le candidat de La France Insoumise (LFI), qui affiche 11,2 % des voix, cherche à établir un dialogue avec Rolland. Cependant, les discussions sont entravées par un "désaccord majeur" selon LFI, qui reproche à la maire de ne pas respecter le résultat du premier tour, sans donner plus de précisions sur ses revendications.
William Aucant, représentant de LFI, a laissé entendre qu'ils déposeraient leur propre liste si aucune avancée n'était faite sur la reconnaissance des résultats. Il réclame une "représentation proportionnelle" pour sa liste au sein des conseils municipal et métropolitain, tout en s'opposant à tout rapprochement avec le candidat divers centre Mounir Belhamiti.
La maire sortante, sollicitée par l'AFP, n'a pas encore réagi publiquement aux propositions de LFI. Dans un discours prononcé dimanche, elle a appelé toutes les forces de gauche et écologistes à se mobiliser pour garantir une victoire contre la droite.
"La perspective d'une triangulaire au second tour suscite des craintes : une victoire de la droite est envisageable, même dans un bastion réputé de gauche", a-t-elle déclaré. Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, a également exprimé son ouverture à des alliances locales avec LFI, comme c'est le cas à Nantes.
Arnauld Leclerc, professeur de science politique à l'université de Nantes, analyse le positionnement de Rolland comme une "contre-performance", et souligne l'importance de "remobiliser son électorat", ainsi que de tirer des voix des électeurs n'ayant pas voté pour elle lors du premier tour.
Foulques Chombart de Lauwe, qui s'est fait connaître récemment, affirme qu'il a une "chance historique" de l'emporter et qualifie toute alliance entre Rolland et LFI d'"alliance de la honte". Des municipalités voisines autrefois dirigées par la gauche ont également opéré un virage vers des listes divers droite ou divers centre.
Julie Laernoes, députée écologiste, a qualifié la situation de "bilan extrêmement morose", tandis qu'en 2020, Rolland avait obtenu 31,36 % au premier tour, avant de s'allier avec les écologistes pour le second tour, impliquant une dynamique électorale très différente.
À Nantes, les résultats du premier tour mettent en lumière un champ politique divisé, avec des candidats comme Mounir Belhamiti (8,12 %), Margot Medkour (5,53 %), et d'autres présents, mais anonymes, peinant à se faire entendre.







