Le projet gouvernemental de consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique suscite une fronde notable. Des représentants d’élus locaux, ainsi que des associations environnementales et professionnelles, dénoncent ce dispositif qu’ils qualifient de « greenwashing ». Jean-François Vigier, vice-président de l’association des maires de France (AMF), a indiqué que les élus locaux sont prêts à une confrontation directe, se disant « déterminés à ne pas se laisser faire ».
Lors d'une réunion au ministère de la Transition écologique, les élus ont exprimé leur mécontentement face à ce qu'ils perçoivent comme un manque de dialogue. « Ce n’est pas une véritable concertation, mais une injonction », a souligné Philippe Vigier. Les élus évoquent même la possibilité de suspendre leurs paiements à la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) si le gouvernement persiste.
Appels à un dialogue constructif
Le maire de Bures-sur-Yvette, qui préside un syndicat de gestion des déchets, a souligné l’urgence d’instaurer des mesures claires pour faire entendre leur voix. Les élus espèrent que le Premier ministre Sébastien Lecornu, également élu local, comprend l’ampleur des préoccupations qui les touchent.
Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, a exprimé ses regrets face au refus des associations de dialoguer avec le gouvernement. Il a rappelé que le taux de collecte et de recyclage des bouteilles est actuellement de 58,4 %, loin de l’objectif fixé de 90 %. La mise en œuvre de la consigne pour le recyclage est prévue pour 2029 si cet objectif n'est pas atteint, amenant la question : « Faut-il anticiper ou subir ? »
Une consigne contestée
Les élus s'opposent à l'utilisation du terme « consigne », arguant que le projet ne vise pas à favoriser le réemploi des bouteilles collectées, mais simplement leur recyclage. Axèle Gibert, de France Nature Environnement (FNE), a critiqué ce projet en le qualifiant de moins respectueux de l'environnement. Elle soutient que cela profite davantage aux industriels qu'à l'écologie.
Nicolas Garnier, de l'association Amorce, a également soulevé des inquiétudes quant aux frais que cette mesure pourrait engendrer pour les consommateurs, estimés entre 1 et 3 milliards d'euros. Bastien Faure, directeur de Zero Waste France, a jugé que le gouvernement favorise les industriels tout en négligeant les mesures essentielles à la réduction des plastiques à usage unique.







