Le parquet de Nanterre a confirmé à l'AFP que l'acheminement de la procédure et des scellés est en cours. Pour l'heure, aucun juge d'instruction n'est encore désigné pour s'occuper du dossier.
Ce mystère vieux de plusieurs décennies va s'ouvrir à nouveau. La mort tragique de Robert Boulin, ancien ministre sous le gouvernement de Raymond Barre, fera l'objet d'investigations approfondies par le pôle "cold cases" du tribunal judiciaire de Nanterre, selon des informations divulguées par Franceinfo. Le juge d'instruction initialement en charge à Versailles a transféré le dossier sur ordre de la cour d'appel le 28 avril 2026.
Cette décision fait suite aux réquisitions du parquet de Versailles, annoncées mi-avril, et elle témoigne d'un intérêt renouvelé pour un cas non élucidé. En octobre 1979, le corps de Boulin, perçu par sa fille, Fabienne Boulin-Burgeat, comme un homme d'État aspirant à représenter « une troisième voie contre l'ultracapitalisme », a été découvert immergé dans un étang près de Rambouillet (Yvelines). À ce moment-là, Boulin, gardant son rôle de ministre du Travail, n'avait que 59 ans.
"Un vrai espoir pour ce dossier"
La justice de l'époque avait conclu à un suicide, mais la famille de Boulin privilégie la théorie d’un "assassinat politique", dans un contexte troublant marqué par la disparition de plusieurs ministres. Me Didier Seban, avocat de la famille, a souligné pour l'AFP : "Lorsque l'on parle de cold cases, l'urgence reste capitale, d'autant que les témoins s'éclipsent avec le temps."
Il a également exprimé ses espoirs vis-à-vis de cette relance : "Ce dossier a besoin d'être traité par des juges motivés. C'est une nouvelle très attendue, qui suscite de réels espoirs pour une affaire qui a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire de la Ve République." Du côté du parquet de Nanterre, la confirmation concernant l'envoi des scellés montre qu'un processus est en cours, même si aucune écriture officielle n'est encore en place.







