"Nous sommes tous des migrants d'une certaine manière", a déclaré le pape Léon XIV en français, lors de sa visite sur l'île de Tenerife, ultime étape de son voyage espagnol largement axé sur la question migratoire. Son discours touchant s'est adressé directement aux migrants présents dans un centre d'accueil.
Les Canaries, un archipel espagnol situé non loin des côtes africaines, constitue l'une des principales avenues d'entrée en Europe pour les migrants en quête de meilleures conditions de vie. C'est un lieu où se mêlent espoir et désespoir, car les défis sont nombreux.
Dans la matinée, le pape a également rencontré des associations religieuses et laïques s'efforçant de soutenir les migrants dans leur intégration. Il devait ensuite célébrer une messe en plein air à Santa Cruz, réunissant des dizaines de milliers de fidèles dans un esprit de communauté et de solidarité.
Au cours de son discours à Grande Canarie, le souverain pontife a dénoncé l'indifférence du monde face à la crise migratoire. Il s'est exprimé sur le port d'Arguineguín, où plus de 3.000 migrants avaient été entassés dans des conditions inacceptables pendant la pandémie de Covid-19, mettant en évidence la fragilité de cette situation humanitaire.
Un moment poignant de sa visite a été lorsqu'il a lancé un bouquet de fleurs dans l'océan, en hommage aux milliers de migrants ayant perdu la vie lors de la traversée océanique vers l'Europe, un geste symbolique qui avait échappé à son prédécesseur, le pape François, décédé un an auparavant.
Face à l'immensité de la mer, Léon XIV a appelé les pays d'origine des migrants à mettre en place des politiques dignes, permettant à chacun de vivre dignement sur sa terre natale. Il a également interpelé l'Europe, soulignant que la dignité humaine ne devrait jamais être un privilège limité par les frontières.
Les chiffres sont alarmants : selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1.172 migrants ont perdu la vie ou sont portés disparus sur cette route maritime en 2025. En 2024, près de 50.000 entrées irrégulières avaient été comptabilisées, tandis qu’environ 18.000 migrants ont atteint les côtes des Canaries l'an dernier, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.
Avant son passage par les Canaries, le pape avait visité Madrid et Barcelone, enveloppé d'une atmosphère de ferveur religieuse et de célébration. Sa tournée en Espagne témoigne d'une volonté de faire entendre la voix de ceux qui souffrent et de rappeler au monde que chaque vie humaine mérite respect et dignité.







