Le président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), Christian Tein, a partagé son "grand soulagement" après la décision des juges d'instruction parisiens qui ont ordonné un non-lieu général en faveur des militants indépendantistes de Nouvelle-Calédonie, impliqués dans les émeutes de 2024. Lors d'une conférence de presse à Nouméa, M. Tein a déclaré : "C'est un grand soulagement pour nos familles", tout en se montrant conscient que le combat pour leurs droits n'est pas encore terminé. Le parquet a en effet annoncé son intention de faire appel de cette ordonnance, qui concerne quatorze personnes mises en examen.
Arrêté en juin 2024, Christian Tein a passé presque un an en détention provisoire dans l'Hexagone, à 17 000 km de son domicile. Il a évoqué les "périodes très difficiles" qu'il a endurées depuis son interpellation. L'enquête avait visé la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), dont il était à la tête, soupçonnée d'être responsable des violences ayant causé 14 décès et engendré des pertes de plus de deux milliards d'euros dans l'archipel.
Parmi les infractions mentionnées figuraient la complicité de tentative de meurtre sur un agent de l'autorité publique et l'association de malfaiteurs, mais les juges ont conclu qu'il n'existait pas de "charges suffisantes" contre les accusés.
Son avocat, Me Pierre Ortet, a exprimé une certaine sérénité quant à l'examen de l'appel. La défense est impatiente de recevoir les documents du ministère public, sans intention de demander un renvoi, afin d'accélérer le processus décisionnel, qui pourrait se conclure à l'automne.
Pourtant, les avocats de M. Tein sont perplexes face aux nouvelles investigations demandées par le parquet. "Ils ont eu deux ans pour collecter les éléments en question", a noté Me Florian Medico, rappelant que l'instruction a abouti à plus de 800 auditions et presque 11 500 documents.
En ce qui concerne une possible action contre l'État, M. Tein a précisé qu'aucune décision n'avait été arrêtée pour l'heure. "Nous allons d'abord examiner l'appel et étudier comment les choses évolueront", a-t-il déclaré.







