Les jours sont comptés pour Sébastien Delogu, le député insoumis des quartiers Nord de Marseille, qui sera jugé le 9 juin 2026 pour des accusations graves de divulgation de documents privés volés. L'affaire, qui suscite un vif intérêt, pourrait compromettre son avenir politique.
Dans ce contexte, l'avocat de Delogu, Me Yones Taguelmint, a révélé à l'AFP que son client ne serait pas présent à l'audience, invoquant un "climat très tendu" autour de lui. En effet, le député a fait état de plusieurs agressions et menaces à son encontre, affirmant qu'il n'avait rien à cacher et qu'il coopérait avec les enquêteurs. Il a également l'intention de demander un renvoi du procès pour des raisons de sécurité.
Un vol impliquant des documents sensibles
Les accusations à l'encontre de Delogu sont préoccupantes. Il est soupçonné de recel de biens volés et d'avoir exposé l'identité d'une personne à un danger direct. Les faits remontent au 19 septembre 2024, lors d’un conflit au sein de la société Laser Propreté. Isidore Aragones, le dirigeant de l'entreprise, a signalé le vol d'une pochette contenant des informations personnelles sensibles.
Cinq jours après le vol, Sébastien Delogu a publié sur son compte Instagram des documents privés d'Aragones, les accusant d'être liés à des projets financiers réputés douteux et à ses relations avec Israël. Cette divulgation a provoqué un tollé, notamment du côté du plaignant, qui se sent désormais menacé.
Un contexte sociopolitique tendu
Dans cette affaire, le climat est intensifié par des tensions géopolitiques. Isidore Aragones, avocate par ailleurs, a reçu des menaces en ligne après que Delogu a exposé publiquement ses liens avec l'État d'Israël. "Je vis dans la peur depuis deux ans", déclare-t-il, ajoutant que l'impact de cette affaire sur sa vie est dévastateur.
Delogu, qui s'était déjà fait connaître pour son activisme en faveur des Palestiniens, a récemment attiré l'attention médiatique en tenant un discours controversé à l'Assemblée nationale. Ses actions, notamment le déploiement du drapeau palestinien dans cette institution, ont engendré des débats sur la liberté d'expression et les limites de l'activisme politique.
En 2025, le député a été condamné pour des violences durant un blocus, ce qui alourdit son dossier judiciaire. Fin mai de cette année, il a également été victime de menaces de mort, ce qui a conduit à une nouvelle plainte.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des élus et les conséquences de leurs actes publicisés dans un contexte aussi dangereux. Une réflexion à laquelle les médias, les citoyens et les responsables politiques ne peuvent se soustraire.







