Quel espace reste-t-il pour la liberté lorsque le principe du "tout est permis" prévaut ? Dans un monde où les aspirations individuelles semblent primer sur le collectif, la difficulté de vivre ensemble se manifeste de manière de plus en plus pressante. Le philosophe Léo Strauss avait une manière ironique de pointer le problème : "Si tout est relatif, le cannibalisme n'est plus qu'une affaire de goût." Ces mots résonnent particulièrement dans le débat actuel sur la laïcité en France.
Dans une société marquée par l'individualisme, la compréhension de la laïcité, pilier fondamental de notre vie commune, semble se dégrader. Pourtant, elle représente une garanzia essentielle de la liberté de conscience. Cette réflexion s'impose, à la lumière du film "L'Abandon", qui traite des circonstances tragiques entourant l'assassinat de Samuel Paty. Ce film, comme l'a souligné Sud Ouest, met en lumière les dysfonctionnements de l'Éducation nationale, entre fake news et défi pour démêler le vrai du faux.
Des législations sont nécessaires pour prévenir les abus de fanatiques, même si l'on espère une société tolérante.
Il est intéressant d'examiner la loi de 1905, un cadre qui sépare le religieux du politique. En France, cette séparation ne repose pas simplement sur la tolérance mais sur une laïcité active, opposée à la pratique anglo-saxonne où toutes les croyances cohabitent plus librement. Dans notre pays, l'État s'attache à interdire toute emprise de certains groupes sur les autres, une précaution acquise au fil d'une histoire lourde de violences religieuses.
La loi de 2004, par exemple, vise à maintenir la neutralité dans les établissements scolaires, où les élèves et enseignants ne doivent pas exprimer leur appartenance religieuse. En d'autres termes, il ne s'agit pas d'une interdiction de croire, mais d'une exigence de non-affirmation dans un espace d'apprentissage. Les opportunités d'apprendre à penser librement, sans influence d'orthodoxies, sont primordiales.
En somme, notre société semble privilégier le droit sur les vertus civiques, des principes que nous devons réévaluer afin de prévenir les abus et protéger la liberté d'opinion. La sensibilisation aux valeurs civiques est inestimable, mais l'intervention des lois doit également rester une garantie sur laquelle nous pouvons compter.







