Mercredi, Emmanuel Moulin, ancien directeur du Trésor, a été officiellement nommé à la tête de la Banque de France, malgré un vote défavorable de 54 % des parlementaires (58 voix contre, 52 pour). Le seuil requis pour bloquer cette nomination aurait nécessité le soutien des trois cinquièmes des suffrages exprimés.
Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National, a exprimé ses préoccupations concernant cette décision, qu'il perçoit comme une manœuvre de «verrouillage des institutions» orchestrée par Emmanuel Macron à l'approche des élections présidentielles.
«Nous avons vu la nomination de madame Amélie de Montchalin, proche d'Emmanuel Macron, à la Cour des comptes, et maintenant celle d'Emmanuel Moulin à la Banque de France. Ces institutions ont un rôle crucial dans l'analyse et l'accompagnement des entreprises et des ménages», a-t-il déclaré sur France 2.
Par ailleurs, Tanguy a remis en question la compétence d'Emmanuel Moulin pour ce poste, en soulignant sa responsabilité dans «40 à 60 milliards d'euros d'erreurs de prévisions de recettes» qui ont conduit aux pires déficits de la Cinquième République pendant les années 2022, 2023 et 2024. Il a également souligné les conséquences que cette nomination pourrait avoir sur la voix de la France à la Banque centrale européenne, qui serait portée par un proche d'Emmanuel Macron.
«La politique monétaire européenne a de fortes implications sur la politique économique nationale, et cela pose un problème en termes d'indépendance», a-t-il ajouté, évoquant également les ambitions du RN de «renégocier certaines normes et réglementations européennes». Bien qu'il ait reconnu que la Constitution avait été respectée dans le cadre de cette nomination, Tanguy a soulevé des préoccupations éthiques : «Quand on est mis en minorité au Parlement, la moindre des choses serait de partir».







