Le gouvernement équatorien a célébré, le 29 avril, l'utilisation de la fracturation hydraulique pour la première fois afin d'extraire du pétrole en Amazonie, une initiative décriée en raison de ses impacts environnementaux. Le journal La Hora souligne qu'il s'agit d'une "première historique", promettant des retombées économiques majeures pour la nation andine. Toutefois, cette avancée est vivement critiquée par des leaders indigènes qui s'opposent à l'exploitation des ressources sur leurs terres sans leur accord, et par des experts qui questionnent la durabilité de cette méthode.
La fracturation hydraulique, ou fracking, implique l'injection à haute pression de fluides pour fracturer la roche et libérer les hydrocarbures. Les écologistes mettent en garde contre son utilisation excessive, soulignant son besoin en eau et ses faibles rendements énergétiques.
Le puits de Sucumbíos, où les premières opérations ont eu lieu, est le résultat d'une collaboration entre la compagnie nationale Petroecuador et la société chinoise CCDC, actuelle filiale de la CNPC. Ce puits produirait environ 930 barils par jour, une quantité jugée modeste mais à fort enjeu stratégique. Les autorités pensent déjà à l'expansion des activités extractives dans la région.
La colère des autochtones
Malgré cet engouement gouvernemental, les populations autochtones, particulièrement affectées par cette nouvelle politique, se mobilisent. Lors de la conférence pour la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) le 27 avril, El País América rapportait les propos de Marcelo Mayancha, leader de la nation Shiwiar. Celui-ci a dénoncé des investissements de 47 milliards de dollars dans des projets pétroliers, dont une part significative affecterait des territoires préservés.
Comme le souligne le média spécialisé Mongabay, la pression sur le gouvernement de Daniel Noboa n'est pas nouvelle. En 2023, un référendum avait déjà contraint l'État à suspendre l'exploitation dans le parc national du Yasuni, une décision que le gouvernement tente de contrecarrer par des voies judiciaires.
Des perspectives maigres
Les retombées économiques rassurantes pourraient être surévaluées. Selon les experts interrogés par Expreso, ce qui est présenté comme de la fracturation hydraulique ne serait en réalité que des interventions conventionnelles sur des gisements existants. Nelson Baldeón et Fernando Santos affirment que cette approche vise davantage à créer un lever médiatique qu'à fournir une véritable transformation énergétique.
Dans ce contexte, l'Équateur, dont la production pétrolière a chuté depuis 2015, doit même recourir à des importations de carburant, alors que les tensions mondiales font grimper les prix. El Colombiano souligne que la production de Petroecuador a chuté de près de 550 000 barils par jour à environ 360 000, rendant l'avenir de l'exploration pétrolière en Amazonie incertain.







