Ce jeudi 7 mai 2026, la cour de révision a été marquée par le témoignage poignant de Solène Leprince, la seule survivante du quadruple meurtre de Thorigné-sur-Dué survenu en 1994. À l’audience, elle a évoqué les "éléments nouveaux" qui n’avaient pas été pris en compte lors du procès de 1997 à la cour d'assises de la Sarthe. Solène, âgée de deux ans à l'époque des faits, a été retrouvée indemne parmi les victimes, une situation qui continuera de susciter des interrogations. Elle a déclaré nourrir de sérieux doutes concernant la culpabilité de son oncle, Dany Leprince, condamné pour ce crime familial tragique.
Désormais mère, Solène Leprince affirme qu'elle ne se souvient de rien de cette nuit fatale : "Je refuse d'être un témoin clé, je n'ai aucun souvenir de cette nuit-là", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'elle se voit comme une victime instrumentalisée par des témoignages ambigus.
Je suis brisée et en colère
"Je me présente aujourd'hui en tant que victime de ce drame, mais aussi des paroles qui m'ont été attribuées, et qui ont conduit à la condamnation d'un homme. Je suis brisée d’avoir perdu ma famille, mais en colère que des zones d’ombre subsistent", a-t-elle poursuivi. Cette colère et ce désir de vérité étaient palpables dans sa voix, alors qu'elle rappelle la douleur de son passé.
Pourquoi suis-je la seule survivante ?
Dans un appel désespéré à la Justice, Solène a demandé : "Pourquoi suis-je la seule survivante de ce drame ? Comment un seul homme peut-il commettre quatre crimes ?" Elle a également questionné le déroulement des enquêtes qui, selon elle, n'ont pas exploré toutes les pistes possibles. Réclamant un nouveau procès, elle a insisté, "J’ai besoin de connaître la vérité, et la condamnation de Dany Leprince ne permet pas de la connaître.
Les déclarations de Solène Leprince ont résonné dans la salle, au moment où son avocate, Me Meriem Khelladi-Reinaerts, a conclu : "Ce n’est plus la petite Solène, la petite survivante, devant vous, mais une femme qui a mené une quête inlassable pour la vérité." Les nombreux doutes qui demeurent autour de cette affaire rappellent à tous que parfois, même la vérité semble se cacher dans l’ombre.







