C'est d'un pas déterminé que Dany Leprince a pénétré dans les couloirs du Palais de justice de Paris. Ce jour-là, la cour de Cassation examine la deuxième demande de révision que Dany a déposée en 2021. En 1994, il avait admis en partie sa culpabilité lors d'une garde à vue concernant le quadruple meurtre.
Appelé le "boucher de la Sarthe", Dany Leprince a depuis rétracté ses aveux et clame son innocence. Malgré sa condamnation à perpétuité, ses avocats plaident en faveur d'une réévaluation de son cas. En effet, seulement 12 procès criminels ont été révisés en France depuis 1945.
« Ce dossier est singulier et mérite d'être examiné de près », affirme Me Olivier Morice, l'un de ses avocats. La cour se trouve face à une affaire qui a marqué l'histoire criminelle française, et la décision à venir est cruciale.
Un innocent peut avouer un crime
Me Missiva Chermak-Felonneau évoque la question des faux aveux, soulignant que Dany, après 46 heures de garde à vue éprouvante, a pu croire à sa culpabilité. « Un innocent peut confesser un crime qu'il n'a pas commis », soutient-elle, introduisant des recherches canadiennes sur les faux aveux.
« Les aveux peuvent sembler rationnels à un moment, surtout sous pression. »
Elle souligne que Dany n'a pas fourni d'informations nouvelles lors de ses aveux, ne mentionnant même pas les victimes secondaires de cette tragédie. Elle soutient que son récit a été influencé par des questions d'enquêteurs.
Les avocats pointent du doigt Martine Compain
Les avocats de Dany remettent également en question l'implication de son ex-femme, Martine Compain, qui a témoigné contre lui. Ils insistent sur le fait que d'autres pistes auraient dû être explorées, mettant en lumière la profession de bouchère de Martine. De nombreux témoignages évoquent son caractère dur et manipulateur.
Dans un rapport de 2008, deux expertes affirment que la mémoire de Martine semble altérée et que son récit varie ; selon eux, elle pourrait mentir pour protéger ses propres intérêts.
Des déclarations contestées
Me Olivier Morice, dans sa dynamique plaidoirie, s'attaque également aux déclarations de Célia, la fille aînée de Dany. Il rappelle qu'elle n'a pas pu être témoin des faits, et son témoignage est très contesté.
Il souligne en outre le cas de Solène, la seule rescapée du massacre, dont l'interprétation par les experts avait été biaisée en faveur de l'accusation, laissant de côté d'autres évaluations démontrant son intégrité psychologique.
Morice conclut en demandant à la cour d'accorder le doute à Dany, un homme « brisé » mais qui continue à lutter pour sa vérité. L'audience reprendra avec le témoignage de Solène et la suite des plaidoiries.







