Sous le regard attentif du MEDEF, Jordan Bardella affiche un sourire engageant, cherchant à établir une relation de confiance avec le monde économique. Face à une Marine Le Pen perçue comme plus interventionniste, les acteurs économiques naviguent entre prudence et curiosité, alors que la présidentielle de 2027 s’annonce déjà très politique.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Une première sous l’œil des caméras. Jordan Bardella, tout souriant, a orchestré son déjeuner officiel avec le MEDEF. Son discours était bien préparé : "Je ne suis pas de gauche, donc je n'ai pas l'entreprise honteuse. Nous avons besoin des entreprises françaises. Nous oeuvrons en bonne intelligence avec toutes les forces vives du pays, dans l'ambition de rassembler le maximum de Français pour la renaissance de la France, l'année prochaine."
Un patronat prudent face au RN
Derrière Bardella, son conseiller spécial, François Durvye, ancien dirigeant d'un fonds d'investissement, a pour mission de rassurer les chefs d'entreprise. Bien que le patronat ait choisi de rester discret le 20 avril, un participant a lâché : "On ressent une différence entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Aujourd'hui, nous sommes en présence de personnes pro-business, la discussion s'est bien déroulée et nos idées ont été entendues."
Est-ce que Jordan Bardella parviendra à séduire davantage les dirigeants ? Peut-être en raison de son approche plus jeune et libérale. Début avril, Marine Le Pen avait également dîné avec quelques grands patrons tels que Patrick Pouyanné de Total et Bernard Arnault de LVMH. Selon certaines sources, le courant ne s’était pas établi. Un proche d'un responsable du CAC 40 a commenté que Marine Le Pen est toujours perçue comme anti-système : "Après un discours d'introduction pro-entreprise, elle reste très interventionniste et étatique. Peu de changements."
Patrick Martin, Président du MEDEF, reste en équilibre sans trancher : "Nous attendons de connaître les programmes. Ce n’est pas une question de savoir qui est acceptable, mais de qui adoptera nos convictions." En revanche, certains chefs d’entreprise expriment leurs réserves : "La majorité des dirigeants économiques savent que le programme économique du RN est désastreux. Cela serait une ruine pour la France." témoigne Pascal Démurger, Président de la MAIF.
Quel que soit le candidat choisi en 2027, le Rassemblement National a l'intention de devenir un acteur incontournable pour les milieux économiques.







