Ce samedi 11 avril, près de 200 personnes se sont rassemblées place de l'Esplanade à Perpignan pour un carnaval antifasciste. La journée, initialement festive, a été chamboulée par un arrêté préfectoral imposant des restrictions de circulation. Malgré cela, les manifestants se sont mobilisés pour faire entendre leur voix.
Un événement festif sous haute surveillance
Les participants, venus avec des déguisements colorés et de l’ambiance musicale, avaient pour but de revendiquer des valeurs antifascistes tout en célébrant la diversité. Comme l'exprime l'une des participantes, "On veut faire ce rassemblement dans la joie". Alors que le carnaval devait débuter par une pièce de théâtre sur les saboteurs de mégabassine, le préfet a imposé des conditions strictes qui ont mis un frein à la déambulation prévue dans les rues de Perpignan.
Malgré les restrictions, l’esprit de fête persistait place de l'Esplanade. Les manifestants ont maintenu une atmosphère joyeuse et déterminée, certains se déguisant en animaux ou en personnages excentriques. Un homme grimé en clown a déclaré : "Nous vivons avec la peur, mais nous devons résister avec le sourire." Cette volonté de résistance, même en cas de restrictions, témoigne de leur détermination face à ce qu'ils perçoivent comme une menace croissante liée à la montée de l'extrême droite.
Des mesures contestées par les participants
La bonne humeur a rapidement laissé place à l'incompréhension lorsque les forces de l’ordre ont fait valoir l'arrêté préfectoral. Les festivités ont été suspendues, suscitant des réactions de colère. "Je suis en colère parce qu'on nous dit de ne pas bouger", a réagi Stéphane, un manifestant. L'interdiction de déambuler a été justifiée par la préfecture au nom de l'ordre public et de la préservation de l'activité économique, une logique contestée par des juristes et des avocats présents sur place.
Pierre Brunisso, avocat au barreau de Paris, a décrit cette justification comme "un prétexte pour étouffer la voix des manifestants, arguant que ces activités nuiraient à l'économie locale", ce qui lui semble étrangement contradictoire. Ce point de vue soulève des questions sur la liberté d'expression et la possibilité de manifester dans l'espace public.
Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a défendu sa position : "Nous avons des antécédents d'incidents lors de précédentes manifestations similaires, et il est de ma responsabilité de maintenir l'ordre public." En réponse, les participants ont choisi de ne pas se laisser abattre, restant sur place pour chanter et danser et affirmer leur point de vue. "On ne lâchera rien," ont-ils scandé, transformant ainsi un événement qui devait être une célébration en un acte symbolique de résistance.







